Chloƫ Lombard : le collectif dans le ventre

Ā« J’aurais beaucoup de plaisir Ć  tenir un bar de quartier Ā», me confie ChloĆ« Lombard sur une terrasse fribourgeoise. Une reconversion qui semble pour l’heure hypothĆ©tique au vu des nombreux projets qui jalonnent ses saisons théâtrales. Et pourtant, il m’est facile d’imaginer ChloĆ« en tenanciĆØre de bistrot. Tant sur scĆØne qu’au cafĆ©, elle fascine par son aisance dans le contact, une spontanĆ©itĆ© qui vous met Ć  l’aise en un coup d’oeil. Cette qualitĆ© immense, elle la dĆ©ploie dans ses expĆ©riences de travail en collectif. Naturellement, c’est sous cet angle que nous parlons aujourd’hui de son mĆ©tier.

Entretien signƩ Marie Lou FƩlix

Ā© Francesca Palazzi

Quel est ton mƩtier ?
Si on me demande ce que je fais dans la vie, je rĆ©ponds que je travaille dans le théâtre. Mon travail c'est de rĆ©flĆ©chir avec des gens pour tenter de regarder les choses diffĆ©remment et questionner le monde dans lequel on vit. Ƈa peut prendre plein de formes diffĆ©rentes. Je ne dis pas que je suis Ā« comĆ©dienne Ā», car j’évolue beaucoup en collectif. Durant une crĆ©ation, je gravite autour d’un objet spĆ©cifique. Je peux occuper diffĆ©rentes fonctions. Ce qui m'intĆ©resse, c'est l'objet qu'on va proposer. Finalement, mon plaisir reste le mĆŖme que je sois comĆ©dienne, metteuse en scĆØne, assistante ou regard extĆ©rieur. Je crois que je peux apporter du souffle Ć  diffĆ©rents endroits. Dans le mot Ā« comĆ©dienne Ā», j'ai l'impression qu’on entend Ā« interprĆØte Ā». C’est en tout cas la vision de certains metteurs en scĆØne. Je constate que je n’arrive pas Ć  m’en tenir Ć  ce cadre-lĆ . J’ai trop tendance Ć  mettre mon grain de sel.

Dans ta biographie, on peut lire que tu es actrice, metteuse en scĆØne et que tu mĆØnes Ć©galement des Ā« projets plus dĆ©bordants et sĆ©ditieux Ā»* au sein de diffĆ©rents collectifs. Est-ce que le travail en collectif c’est subversif ?
C’est subversif par rapport aux normes du milieu théâtral. Mine de rien, c’est un milieu qui possĆØde des codes assez figĆ©s. Sur un programme, tu lis en premier le nom de la personne qui a mis en scĆØne la piĆØce et le nom de l’auteur.ice quand il y a un texte, puis vient le nom d’un.e, deux, parfois trois acteur.ice.s. Alors forcĆ©ment quand on se retrouve Ć  seize pendant deux jours Ć  jouer Ā« Platonov Ā» dans la forĆŖt (collectif CCC, 2022, MeS Mathias Brossard), c'est dĆ©bordant vis-Ć -vis du cadre habituel. Dans ce cas-prĆ©cis, les théâtres partenaires ont dĆ» opĆ©rer un agencement spĆ©cifique concernant le travail de production et de communication. Et puis il faut emmener le public en extĆ©rieur … Alors, c'est dĆ©bordant ! Je pense aussi au LouX collectif, un groupe au sein duquel je travaille sans pour autant viser la crĆ©ation d’un spectacle. Cette collaboration va donner lieu Ć  des discussions et des rencontres. J’utilise ces deux mots, Ā« dĆ©bordant Ā» et Ā« sĆ©ditieux Ā», parce que les groupes avec lesquels je travaille n’ont pas toujours pour objectif d'aboutir Ć  une forme spectaculaire. Le collectif, c’est forcĆ©mentĀ foisonnant. Et donc dĆ©bordant. Quand tu travailles en collectif, ta force est dĆ©cuplĆ©e. C’est un dĆ©bordement dans le sens joyeux et malicieux.

Le Loux collectif Ā« cherche Ć  s’empouvoirer collectivement par l’expĆ©rimentation artistique et par la joie Ā» **. Que mets-tu derriĆØre le terme Ā« s’empouvoirer Ā» ?
Je te rĆ©ponds par une digression. En 2021, j'ai travaillĆ© sur un projet pour lequel j’étais crĆ©ditĆ©e comme metteuse en scĆØne. Il s’agissait d’un texte de Ramuz, Ā« La Folle en costume de Folie Ā». C'Ć©tait une commande. Il faut dire que j'ai adorĆ© cette expĆ©rience mais, quand j’y repense, je rĆ©alise que j’ai proposĆ© un travail collectif.

Dans quel sens ?
J'ai beaucoup travaillĆ© en amont et je suis arrivĆ©e avec des directions claires, mais par la suite nous avons vraiment pensĆ© la forme ensemble. C’était une collaboration avec la comĆ©dienne ZoĆ© Sjollema, avec Marie Romanens qui faisait les costumes et BenoĆ®t Renaudin qui s’occupait de la scĆ©nographie. J’avais proposĆ© que la scĆ©nographie soit une robe qui Ć©mettait du son enregistrĆ©. RĆ©sultat, tout Ć©tait intriquĆ© : le costume, la scĆ©nographie et le texte. On Ć©tait obligĆ© de faire ensemble. J'Ć©tais la cheffe d'orchestre, mais il y avait un vrai travail collectif. Dans mon coin, je peux faire plein de trucs super mais dĆØs que je travaille avec des gens c'est vraiment Ā« empouvoirant Ā». Je crois que je suis trĆØs forte pour rebondir sur les idĆ©es. Toute seule dans ma cuisine, j'ai du plaisir Ć  travailler mais Ƨa a ses limites. Je pense que personne n'a jamais l'idĆ©e du siĆØcle. On ne fait que se piquer des idĆ©es et je trouve Ƨa plutĆ“t gĆ©nial. Je parle d'empouvoirement et de joie, parce qu'il n'y a rien qui me donne plus de force qu'une rĆ©union de travail où j’arrive en pensant qu'on va faire Ā« Ƨa Ā» et dont je repars en rĆ©alisant qu'on va faire Ā« ƇA Ā» !

Ā© Marie_Romanens

As-tu choisi le collectif ou est-ce le collectif qui t'a choisie ?
Ƈa s'est fait de faƧon organique. La promotion dont j’ai fait partie Ć  la Manufacture Ć©tait trĆØs soudĆ©e. Assez naturellement, nous avons continuĆ© Ć  travailler ensemble par la suite. De cette entente, plusieurs collectifs sont nĆ©s. Aujourd’hui, j'ai le luxe de pouvoir choisir ces projets collectifs et d’en vivre.

Dans quelle mesure le travail collectif est-il un luxe ?
Si l’on parle de moyens et de finances, la crĆ©ation en collectif est un immense luxe. La question de la viabilitĆ© et de l’accĆØs aux institutions est vraiment complexe. Beaucoup d’institutions ont envie de trouver les moyens, mais financer un spectacle avec seize comĆ©dien.ne.s - comme c’est le cas avec le collectif CCC - est un vrai dĆ©fi. C’est donc un luxe lorsqu’on y parvient.

Ā 

On a parfois l’impression que le travail en collectif dilue les responsabilitĆ©s. Comme si tout le monde Ć©tait responsable de tout. Ce n'est pas vrai. Il peut y avoir des collectifs hyper organisĆ©s.

© Timothée_Zurbuchen

Peux-tu raconter cette aventure du collectif CCC ?
Le tout premier projet du collectif a Ć©tĆ© menĆ© par LoĆÆc Le Manac’h et Margot Van Hove, qui Ć©taient dans ma promotion Ć  la Manufacture. Iels avaient dĆ©cidĆ© d'adapter Ā« Le MaĆ®tre et Marguerite Ā» de MikhaĆÆl Boulgakov. Un vrai pavĆ© ! On avait travaillĆ© pendant un mois, en Ć©tĆ©, et on avait jouĆ© le spectacle de nuit sur le parking de l’école. C'Ć©tait hyper joyeux, beau et fort. ƀ la suite de Ƨa, Mathias Brossard - qui faisait partie du groupe - nous a proposĆ© de venir travailler dans le petit village de LozĆØre où il a grandi. Le but Ć©tait de monter Ā« Platonov Ā» d’Anton Tchekov. Mathias envisageait de rĆ©pĆ©ter un acte par Ć©tĆ©, pendant cinq ans. Au dĆ©but, tu ne te projettes pas si loin. Moi je venais de terminer ma formation. Cinq ans, c’était le bout du monde.

Comment avez-vous travaillƩ ?
On a parfois l’impression que le travail en collectif dilue les responsabilitĆ©s. Comme si tout le monde Ć©tait responsable de tout. Ce n'est pas vrai. Il peut y avoir des collectifs hyper organisĆ©s. C'est le cas de CCC. Mathias a dĆ©cidĆ© de monter Ā« Platonov Ā», il a choisi les gens, fait la distribution et dĆ©cidĆ© du lieu de rĆ©pĆ©tition. C’est un travail Ć©norme que je ne veux pas flouter. On peut dire que Mathias c’est le chef, un chef hyper Ć  l’écoute. En tant que comĆ©dien.ne, tu proposes, tu rĆ©interroges. Tout peut se transformer et s'agencer diffĆ©remment. On se disait parfois qu’on Ć©tait comme les assistant.e.s de Mathias. Il nous a fait une proposition Ć  partir de ses capacitĆ©s, et on venait dĆ©cupler ses forces. Ce n’est pas toujours confortable. Travailler en grand groupe implique de se coltiner des discussions, aller faire les courses, faire Ć  manger, vider les toilettes sĆØches, etc. Je pense qu'il y a des gens qui prĆ©fĆØrent travailler dans le théâtre, avoir leur loge, aller Ā« faire leur scĆØne Ā». Je peux comprendre Ƨa, mais avec CCC c’est vraiment autre chose.

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Ta fiole d’énergie est parfois Ć  zĆ©ro, mais la vitalitĆ© doit
rester. Ce qui ne va pas, c'est un projet qui te rend triste, dans lequel tu te sens mal. Ƈa, je n’en veux pas et je ne le souhaite Ć  personne.

Y a-t-il eu des moments où tu as eu des doutes par rapport à ce fonctionnement collectif ?
Pour la crĆ©ation de Ā« Platonov Ā», on a vĆ©cu Ć  seize dans une maison sans Ć©lectricitĆ©. C'Ć©tait fatiguant ! Il y a des moments où je me suis dit : Ā« LĆ , ce serait quand mĆŖme cool si tout le monde avait un vrai matelas Ā». Et puis, je suis toujours Ć  me questionner sur les maniĆØres d’amĆ©liorer le fonctionnement collectif. Mais sur le fait de travailler ensemble, je n'ai pas de doute. Ƈa demande une Ć©nergie folle, mais je reƧois Ć©normĆ©ment en retour. J'ai beaucoup plus de doute sur le fait de travailler dans une boĆ®te noire, où on recrĆ©e des lumiĆØres, etc. RĆ©cemment, GĆ©raldine Chollet m'a fait rĆ©aliser la diffĆ©rence entre la vitalitĆ© et l'Ć©nergie. Un projet ne doit jamais atteindre Ć  ta vitalitĆ©. Il peut te fatiguer. Parfois, la derniĆØre semaine tu dors Ć  peine. Il faut dĆ©placer du matĆ©riel, on est souvent en retard, mais c'est joyeux ! Tu finis Ć  2h00 du matin en buvant une biĆØre et tu te dis : Ā« Allez, on va faire une petite sieste et aprĆØs Ƨa repart Ā». Parce ta vitalitĆ©, elle est lĆ . Ta fiole d’énergie est parfois Ć  zĆ©ro, mais la vitalitĆ© doit
rester. Ce qui ne va pas, c'est un projet qui te rend triste, dans lequel tu te sens mal. Ƈa, je n’en veux pas et je ne le souhaite Ć  personne.

Les reprĆ©sentations de Ā« Platonov Ā» ont eu lieu en extĆ©rieur, sans autre dĆ©cor que la forĆŖt. Qu’est-ce qui t’a marquĆ© dans cette expĆ©rience in situ ?
Ce que je trouvais hyper intĆ©ressant dans le fait de jouer en extĆ©rieur, c'est que les moments où tu n'es pas sur scĆØne, tu n'es pas dans ta loge en te disant : Ā« Il faut que je me prĆ©pare pour la scĆØne d'aprĆØs Ā». Non ! Tu es plutĆ“t en train de prendre la voiture, de sortir des fĆ»ts de biĆØre, de ramper sous un buisson, de faire pipi derriĆØre un arbre et de jeter des mouchoirs Ć  ta partenaire qui, elle, sort derriĆØre l'autre arbre. C’est dans ce mĆŖme Ć©lan que j’allais jouer le suicide de mon personnage, que je criais tout le dĆ©sespoir de Sacha. Je crois que j’y arrivais beaucoup mieux que si j’avais essayĆ© de convoquer un drame personnel pour avoir de la matiĆØre Ć  jouer.
L’autre chose mĆ©morable, c’est les applaudissements. C’est Ć  ce moment-lĆ  que je rĆ©alisais tout ce qu’on avait traversĆ© ensemble, et Ƨa me touchait beaucoup. Lorsqu’on jouait la piĆØce en intĆ©gralitĆ© (cinq actes), le public venait deux jours de suite. Je voyais les gens dĆ©barquer le dimanche, Ć  huit heures du matin, parfois sous la pluie, alors qu’iels s’était dĆ©jĆ  tapĆ© une journĆ©e entiĆØre de Tchekov le jour prĆ©cĆ©dent. C’était incomparable de les voir arriver … Et alors, quand tout le monde applaudit Ć  la fin, j’avais le sentiment d’avoir vĆ©cu quelque chose de trĆØs fort avec le public. C’est aussi une communautĆ© qui se crĆ©e avec les spectateur.trice.s.

© Timothée_Zurbuchen

Ā Pile ou Face Ā© Mathilda_Olmi

Plusieurs des projets auquel tu participes porte la mention Ā« crĆ©ation collective Ā» ou Ā« Ć©criture collective Ā». Qu’est-ce que cela veut dire pour toi ?
Une Ć©criture collective, ce n'est pas facile. Avec le collectif CLAR, on Ć©tait ravi.e.s de trouver un texte pour notre deuxiĆØme spectacle. Pour la premiĆØre crĆ©ation, intitulĆ©e Ā« On s’en ira Ā» (2020), on s’était dit qu'on avait envie de faire un spectacle sur ce qui peut se passer durant un repas. Pour Ć©crire le texte, on est allĆ© manger chez des inconnu.e.s. Nous avions Ć©crit Ć  des gens qu'on connaissait en leur proposant de nous mettre en lien avec des gens que l’on ne connaissait pas. Puis on est allĆ© manger chez les personnes qui avaient rĆ©pondu positivement Ć  notre appel, et on avait enregistrĆ© les conversations. Puis, on a tout retranscrit. ƀ partir de ce texte, on a organisĆ© une dramaturgie selon les moments qui nous tenaient Ć  coeur. La matiĆØre enregistrĆ©e est devenue un verbatim qui a ensuite Ć©tĆ© rebrassĆ© au plateau pour raconter une histoire.

Avec le collectif CLAR, les artistes prennent en charge aussi bien le jeu que la mise en scĆØne. Comment faites-vous pour jongler avec ces deux casquettes ?
On fait toujours en sorte qu'il y ait quelqu'un.e en regard. On rĆ©flĆ©chit ensemble, puis on fait des tests scĆ©niques où l’un.e de nous reste Ć  l'extĆ©rieur pour regarder. Ā« On s’en ira Ā» porte les
traces de ce fonctionnement. Dans le spectacle, il y a peu de scĆØnes où l’on joue vraiment les quatre en mĆŖme temps. Plus tard, lorsqu’on a crƩƩ Ā« Pile ou face Ā» (d’aprĆØs le texte de Catherine Colomb, 2024), nous avons demandĆ© Ć  Marion Chabloz de collaborer en tant que regard extĆ©rieur. Elle venait une fois par semaine. Nous avons continuĆ© cette mĆ©thode où l’on testait des choses avec l’un.e de nous qui restait Ć  l’extĆ©rieur, mais nous savions qu’en fin de semaine nous pouvions ĆŖtre juste comĆ©dien.ne.s. Au final, c’est Marion qui organisait les choses pour que cela fonctionne scĆ©niquement.

Ā 

En fait « le collectif » ça ne veut rien dire. D'ailleurs, on a souvent une image biaisée de ce fonctionnement. On pense que tout le monde fait tout en même temps. Ce n'est pas vrai.

Est-ce que vous inventez des mƩthodologies de travail en fonction du projet ?
ComplĆ©tement ! Je crois que c'est aussi Ƨa qui m'intĆ©resse dans le collectif. Tu dois tout le temps crĆ©er une mĆ©thodologie. En fait Ā« le collectif Ā» Ƨa ne veut rien dire. D'ailleurs, on a souvent une image biaisĆ©e de ce fonctionnement. On pense que tout le monde fait tout en mĆŖme temps. Ce n'est pas vrai. Par exemple, le collectif CCC a un fonctionnement hiĆ©rarchique. Il n’empĆŖche que les projets de cette compagnie sont collectifs. C’est-Ć -dire qu’on est toujours en train d'inventer ou de rĆ©inventer la faƧon dont on travaille. C'est Ƨa que je trouve intĆ©ressant.

Quel rapport entretiens-tu au documentaire, Ć  l’autofiction, et plus largement Ć  la matiĆØre tirĆ©e du rĆ©el ?
J’adore parler avec les gens. Depuis longtemps, j'enregistre les personnes que je rencontre. Quand un gars vient me parler du complot sur un quai de gare, je demande Ć  l’enregistrer. J’aime garder une trace sonore comme on ferait des photos. Je pense que c'est tellement important de se parler, de parler Ć  des gens qu'on ne connaĆ®t pas, Ć  des gens avec qui on n'est pas d'accord. C'est vraiment trĆØs personnel, mais je pense que si on vire Ć  ce point dans les extrĆŖmes sur le plan politique, c'est parce qu'on se cantonne Ć  parler aux gens qui sont d'accord avec nous.

© Timothée_Zurbuchen

Est-ce le constat qui a motivƩ le projet Radio Maupasse ?
Radio Maupasse est nĆ©e durant la pandĆ©mie de 2020. Avec Marie Romanens, nous vivions dans un appartement situĆ© rue du Maupas, Ć  Lausanne, et il y avait plein de gens qui passaient dans notre cuisine. Il s’y disait des choses tellement importantes, belles et nĆ©cessaires que nous avons voulu en garder la trace, leur donner un Ć©crin. Je me souviens de cette voisine qui disait se sentir seule et que c’est la raison pour laquelle elle ne supportait pas le bruit dans l’immeuble. Elle nous avait confiĆ© que le bruit la renvoyait Ć  sa solitude et j’avais trouvĆ©e Ƨa tellement beau, et important. Ƈa m'intĆ©resse beaucoup plus que quelqu’un.e qui fait de la politique et qui a une parole publique. Souvent, les gens qui parlent publiquement parlent des autres. Je me sens touchĆ©e par les personnes qui parlent d’elles. Radio Maupasse c’est donc
un dispositif de rĆ©colte de paroles brutes - des paroles qui ne sont pas forcĆ©ment traduite mĆ©diatiquement – et que nous relions entre elles. ƀ l’occasion de diffĆ©rents Ć©vĆ©nements, nous nous installions avec un bus et nous faisions monter les gens qui souhaitaient enregistrer quelque chose. On discutait d’abord avec la personne, puis on la laissait seule pour qu’elle puisse s’enregistrer. Ensuite, nous faisions un montage. Garder la trace de ces tĆ©moignages, les mettre en relation, c’était aussi une maniĆØre de crĆ©er du lien. Une sorte de communautĆ© Ć©phĆ©mĆØre … Une communautĆ© basĆ©e sur la conviction que tout le monde Ć  quelque chose Ć  dire. C’est un projet auquel j’aimerais beaucoup consacrer Ć  nouveau du temps.

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Je rĆ©pĆØte un spectacle qui se jouera du 25 septembre au 12 octobre aux Théâtre des Osses, Ć  Fribourg. La piĆØce s’appelle Ā« IntolĆ©rances&Paralysies Ā», et elle est mise en scĆØne par Anouk Werro. C’est un texte qu’Anouk a Ć©crit pour BĆ©nĆ©dicte Amsler Denogent et moi. Je crois que c'est bien la premiĆØre fois que je joue un texte Ć©crit pour moi. C'est particulier parce qu'on est deux, mais qu’on joue le mĆŖme personnage. Il s’agit d’une rencontre entre deux femmes diamĆ©tralement opposĆ©es sur l’échelle sociale. Je te rĆ©sume le pitch : une jeune femme bourgeoise, Ć©tudiante Ć  Londres, vit en colocation. Un jour, elle rentre chez elle et dĆ©couvre la maison saccagĆ©e. Sur la table de la cuisine, la femme de mĆ©nage est affalĆ©e. Si tout semble sĆ©parer les deux protagonistes, elles se retrouvent toutefois dans la faille du trouble, de la dissociation, de la paralysie, de la zone traumatique. J’ai beaucoup de plaisir Ć  travailler sur cette crĆ©ation. Sur le plan de la mĆ©moire, c’est un exercice ardu pour BĆ©nĆ©dicte et moi. Le texte d’Anouk est un monologue interne. C'est une description, une sorte de reconstitution, mais dans laquelle se mĆŖle le temps du passĆ©, du prĆ©sent, du futur, et des digressions, des pensĆ©es intrusives et traumatiques.

Quelle différence entre interpréter ce type de texte, écrit pour toi, et un rÓle comme celui de Sacha dans « Platonov » ?
La premiĆØre chose Ć  laquelle je pense, c'est que mĆ©moriser les vingt pages de textes de Ā« IntolĆ©rances&Paralysies Ā» ce n'est pas la mĆŖme chose que d'apprendre les quatre rĆ©pliques de Sacha dans le premier acte de Ā« Platonov Ā». Pour le personnage de Sacha, j’étais nourrie par l’histoire imaginĆ©e par Tchekov, mais aussi par la prĆ©sence de la forĆŖt et par l’expĆ©rience collective. Avec Ā« IntolĆ©rances&Paralysies Ā», c'est ce texte mĆ¢chĆ© pendant des semaines qui vient me nourrir. Jusqu’à me hanter un peu ! Je pense que j'aborde ce nouveau projet sous l'angle du texte, alors que j'ai davantage abordĆ© Ā« Platonov Ā» sous l'angle de l'expĆ©rience.

(*) Biographie publiée sur le site de la Manufacture-Haute Ecole des Arts de la Scène, consultée le 12.09.2025, https://www.manufacture.ch/fr/1583/Chloe-Lombard

(**) Biographie publiée sur le site de la Manufacture-Haute Ecole des Arts de la Scène, consultée le 12.09.2025, https://www.manufacture.ch/fr/1583/Chloe-Lombard

AprĆØs des Ć©tudes en Arts du Spectacle Ć  Berne et Paris,Ā Marie Lou FĆ©lixĀ se forme comme comĆ©dienne Ć  l’École de Théâtre Serge Martin. Autrice, dramaturge, coordinatrice et interprĆØte, elle fait encore le choix de ne pas choisir.Ā Ā 

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Carlo Brandt, l’homme renversĆ© (II)

Pour nous, Carlo Brandt a prĆŖtĆ© ses traits au visage inquiet et brut du monde. ComĆ©dien d’exception, il se livre dans un portrait intime dressĆ© par Laure Hirsig. Second et dernier chapitre d’un entretien sans fard.

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Isabelle Caillat au coeur de la crise

Isabelle Caillat au coeur de la crise

La comĆ©dienne genevoise s’impose en femme de tĆŖte et de coeur dans « Cellule de criseĀ Ā», nouvelle sĆ©rie signĆ©e Jacob Berger qui nous dĆ©voile les arcanes de l’humanitaire. Entretien Ć  la veille de la diffusion.

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Alain Mudry, colosse au clair de lune

Alain Mudry, colosse au clair de lune

La « crise de la quarantaineĀ Ā» a donnĆ© l’occasion Ć  Laure Hirsig de questionner comĆ©diennes et comĆ©diens sur la solitude dans leur parcours et leur pratique. Pour ce sixiĆØme « TraversĆ©e en solitaireĀ Ā», on se met sur orbite avec Alain Mudry.

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Arblinda Dauti, la perle noire

Arblinda Dauti, la perle noire

La « crise de la quarantaineĀ Ā» a donnĆ© l’occasion Ć  Laure Hirsig de questionner comĆ©diennes et comĆ©diens sur la solitude dans leur parcours et leur pratique. Pour ce cinquiĆØme « TraversĆ©e en solitaireĀ Ā», on se fait la belle avec Arblinda Dauti.

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David ValĆØre, l’homme debout qui met le chaos K.O.

David ValĆØre, l’homme debout qui met le chaos K.O.

La « crise de la quarantaineĀ Ā» a donnĆ© l’occasion Ć  Laure Hirsig de questionner comĆ©diennes et comĆ©diens sur la solitude dans leur parcours et leur pratique. Pour ce quatriĆØme « TraversĆ©e en solitaireĀ Ā», on fend les flots avec David ValĆØre.

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Olivia Csiky Trnka, l’extra-terrienne

Olivia Csiky Trnka, l’extra-terrienne

La « crise de la quarantaineĀ Ā» a donnĆ© l’occasion Ć  Laure Hirsig de questionner comĆ©diennes et comĆ©diens sur la solitude dans leur parcours et leur pratique. Pour ce troisiĆØme « TraversĆ©e en solitaireĀ Ā», on dĆ©colle aux cĆ“tĆ©s d’Olivia Csiky Trnka.

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Raphaƫl Vachoux, sans peur ni reproche

Raphaƫl Vachoux, sans peur ni reproche

La « crise de la quarantaineĀ Ā» a donnĆ© l’occasion Ć  Laure Hirsig de questionner comĆ©diennes et comĆ©diens sur la solitude dans leur parcours et leur pratique. Pour ce deuxiĆØme « TraversĆ©e en solitaireĀ Ā», on embarque aux cĆ“tĆ©s de RaphaĆ«l Vachoux.

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Jacques Michel, l’Ć©chappĆ©e belle

Jacques Michel, l’Ć©chappĆ©e belle

En six décennies de carrière, le comédien a endossé tous les costumes. Acteur dans tous les sens du terme, il a construit une histoire qui déborde la sienne, celle du théâtre romand. Portrait.

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Lola Giouse, Miss en tropisme

Lola Giouse, Miss en tropisme

La « crise de la quarantaineĀ Ā» a donnĆ© l’occasion Ć  Laure Hirsig de questionner comĆ©diennes et comĆ©diens sur la solitude, ses charmes comme sa nocivitĆ© dans leur parcours et leur pratique. Pour cette premiĆØre « TraversĆ©e en solitaireĀ Ā», on largue les amarres avec Lol…

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Un dernier cafƩ avec Michel Piccoli

Un dernier cafƩ avec Michel Piccoli

L’acteur nous a quittĆ© le 12 mai, Ć  l’âge de 94 ans. En guise d’hommage, des extraits inĆ©dits d’un entretien accordĆ© Ć  Lionel Chiuch Ć  l’occasion de la tournĆ©e de « MinettiĀ Ā», de Thomas Bernhard.

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Toutes les rencontres

Juliette Vernerey, l’ivresse des plateaux

« Comme metteuse en scĆØne, l’écriture de plateau c’est une libertĆ©. Je n’ai jamais rĆ©ussi Ć  trouver une piĆØce Ć©crite qui me satisfasse d’un bout Ć  l’autre, alors plutĆ“t que de couper, ou d’adapter, je choisis l’écriture de plateau.Ā Ā»

Elle court vite, Jeanne Pasquier.

Elle court vite, Jeanne Pasquier. D’un projet Ć  l’autre, elle se transforme : de comĆ©dienne infatigable, curieuse insatiable en danseuse, musicienne, chanteuse, pĆ©dagogue.

Nicolas Rossier – Le plaisir de la curiositĆ©

« PlutĆ“t qu’un rĆ“le, c’est un cheminement. Ce qui m’importe, c’est le parcours que le personnage propose, la faƧon dont le jeu peut Ć©voluer, ce qu’il provoque. Ā Ā»

Charlotte Filou : Une valse Ć  mille temps

« J’ai l’impression que je peux toucher les gens aussi bien en chantant qu’en parlant, mais que le chemin est moins direct avec un texte parlĆ©. Ƈa me demande plus de travail et d’introspection. Ā Ā»

Nicolas Müller – L’Art du dĆ©calage

« Je me rappelle de ces sensations de libertĆ© et de soulagement durant les premiers spectacles. Cet espace qui s’ouvrait, s’éveillait, demeure la raison pour laquelle je pratique le théâtre aujourd’hui.Ā Ā»

Jean Liermier, rencontre entre quatre yeux et deux casquettes

Ā« Si je pars maintenant, ce n’est pas par gaitĆ© de cœur ni parce que je suis lassĆ©. Je ne sais mĆŖme pas ce que je vais faire aprĆØs. Mon intĆ©rĆŖt personnel n’a rien Ć  voir avec cette dĆ©cision. Je pars parce que je pense que c’est le moment. Ā»

Tatiana Baumgartner Ć  vif et sans fard

« J’ai dĆ©couvert que j’aimais Ć©crire du théâtre. Les dialogues, les interactions, double sens et sens cachĆ©s dans ce que les gens disent. La manipulation derriĆØre le langage.Ā Ā»

DIANE ALBASINI : Une Artiste aux Mille Facettes

DIANE ALBASINI : Une Artiste aux Mille Facettes Diane Albasini, comĆ©dienne polyvalente et enjouĆ©e, au sourire charmeur et Ć  l’énergie dĆ©bordante s’impose comme une figure artistique complĆØte. Ɖvoluant avec aisance aussi bien sous les feux des projecteurs que …

Laurence Perez: ScĆØne suisse, un pont pour danser en Avignon

L’an prochain, Laurence Perez cĆ©dera les rĆŖnes de « SĆ©lection suisse en AvignonĀ Ā» Ć  Esther Welger-Barboza. En attendant, l’actuelle directrice artistique et exĆ©cutive couve une ultime volĆ©e dont elle dĆ©fend avec dĆ©termination la singularitĆ©.

Liv Van Thuyne et Serge Martin ¦ Le génie des ingénu.e.s [acte I]

Pour inaugurer ce feuilleton, je m’entretiens avec Liv Van Thuyne, 22 ans, Ć©lĆØve de 1ĆØre annĆ©e Ć  l’école Serge Martin. MalgrĆ© son jeune Ć¢ge, elle s’est dĆ©jĆ  frottĆ©e au large spectre des arts, sensible aux subtilitĆ©s qu’offre chacun d’eux. En Ć©cho,…

Le théâtre-zèbre de Marielle Pinsard

Marielle Pinsard m’a offert mon premier plongeon théâtral. Alors que l’annĆ©e 2001 allait s’éteindre, Marielle mettait le feu aux poudres avec Comme des couteaux, piĆØce dont elle Ć©tait Ć  la fois l’auteure et la metteure en scĆØne.

Michel Vinaver, homme de l’ĆŖtre

Dramaturge et Ć©crivain, mais aussi ancien chef d’entreprise, Michel Vinaver s’est Ć©teint ce 1er mai Ć  95 ans. En hommage, les extraits d’un entretien accordĆ© il y a quelques annĆ©es.

Jean-Louis Johannides, into the wild – RĆ©trofuturiste (IV)

SignĆ©e Laure Hirsig, la sĆ©rie « RĆ©trofuturisteĀ Ā» questionne les comĆ©dien.ne.s sur leur passĆ© et les invite Ć  scruter l’avenir. Pour ce 4e volet, on part Ć  la conquĆŖte des grands espaces aux cĆ“tĆ©s de Jean-Louis Johannides.

Mali Van Valenberg se mĆŖle au vent

SĆ©rie « J’ai deux amoursĀ Ā» (VI). Parce qu’il vaut mieux avoir plusieurs cartes dans son jeu, certain.e.s comĆ©dien.ne.s partagent leur temps entre plusieurs activitĆ©s. Pour cet ultime volet, Laure Hirsig parle Ć©criture avec Mali Van Valenberg.

Alexandra Marcos, voix double

SĆ©rie « J’ai deux amoursĀ Ā» (V). Parce qu’il vaut mieux avoir plusieurs cartes dans son jeu, certain.e.s comĆ©dien.ne.s partagent leur temps entre plusieurs activitĆ©s. Pour ce nouveau volet, Laure Hirsig suis les « voiesĀ Ā» d’Alexandra Marcos.

Paroles de scĆ©naristes : où en est la Suisse?

Depuis sa crĆ©ation en 2003, la Haute Ć©cole des arts de la scĆØne, implantĆ©e Ć  Lausanne, n’a cessĆ© de dĆ©ployer le champ de ses recherches artistiques tout en multipliant ses filiĆØres. Au point qu’elle se sent dĆ©sormais un peu Ć  l’Ć©troit entre les murs de l’anci…

La Manufacture: la conquĆŖte de l’espace

Depuis sa crĆ©ation en 2003, la Haute Ć©cole des arts de la scĆØne, implantĆ©e Ć  Lausanne, n’a cessĆ© de dĆ©ployer le champ de ses recherches artistiques tout en multipliant ses filiĆØres. Au point qu’elle se sent dĆ©sormais un peu Ć  l’Ć©troit entre les murs de l’anci…

SĆ©bastien Ribaux, l’amour de la psychĆ©

SĆ©rie « J’ai deux amoursĀ Ā» (IV). Parce qu’il vaut mieux avoir plusieurs cartes dans son jeu, certain.e.s comĆ©dien.ne.s partagent leur temps entre plusieurs activitĆ©s. Laure Hirsig dĆ©voile le « double jeĀ Ā» de SĆ©bastien Ribaux.

Delphine Lanza, au Pays des merveilles

SĆ©rie « J’ai deux amoursĀ Ā» (III). Parce qu’il vaut mieux avoir plusieurs cartes dans son jeu, certain.e.s comĆ©dien.ne.s partagent leur temps entre plusieurs activitĆ©s. Laure Hirsig dĆ©voile les « multiples palettesĀ Ā» de Delphine Lanza.

NoƩmie Griess, au plateau et au micro

SĆ©rie « J’ai deux amoursĀ Ā» (II). Parce qu’il vaut mieux avoir plusieurs cartes dans son jeu, certain.e.s comĆ©dien.ne.s partagent leur temps entre plusieurs activitĆ©s. Pour ce deuxiĆØme volet, Laure Hirsig Ć©change avec NoĆ©mie Griess sur ce ā€œdouble jeuā€.

Garance La Fata, l’esprit boomerang

SĆ©rie « J’ai deux amoursĀ Ā» (I). Parce que la vie ne s’arrĆŖte pas Ć  la scĆØne, certain.e.s comĆ©dien.ne.s s’emploient Ć  jouer un rĆ“le bien ancrĆ© dans le rĆ©el. Pour ce volet inaugural, Laure Hirsig Ć©change avec Garance La Fata sur ce « double jeuĀ Ā».

Joƫl Hefti, portrait extƩrieur

Quand on est comédien.ne, un particularisme ethnique, morphologique, biographique ou culturel représente-t-il un atout? Dans ce sixième volet de la série intitulée « Mon truc à moi », Laure Hirsig pose la question au comédien Joël Hefti.

Roberto Garieri, de chair et de mots

Quand on est comédien.ne, un particularisme ethnique, morphologique, biographique ou culturel représente-t-il un atout? Dans ce cinquième volet de la série intitulée « Mon truc à moi », Laure Hirsig pose la question au comédien Roberto Garieri.

Le parler swing de Roberto Molo

Quand on est comédien.ne, un particularisme ethnique, morphologique, biographique ou culturel représente-t-il un atout? Dans ce quatrième volet de la série intitulée « Mon truc à moi », Laure Hirsig pose la question au comédien Roberto Molo.

Djamel Bel Ghazi, tempête sous un crâne

Quand on est comédien.ne, un particularisme ethnique, morphologique, biographique ou culturel représente-t-il un atout? Dans ce troisième volet de la série intitulée « Mon truc à moi », Laure Hirsig pose la question au comédien Djamel Bel Ghazi.

Xavier Loira, dandy cash

Quand on est comédien.ne, un particularisme ethnique, morphologique, biographique ou culturel représente-t-il un atout? Dans ce deuxième volet de la série intitulée « Mon truc à moi », Laure Hirsig pose la question au comédien Xavier Loira.

Boubacar Samb, sentinelle sans tabou

Quand on est comĆ©dien.ne, un particularisme ethnique, morphologique, biographique ou culturel reprĆ©sente-t-il un atout? Dans ce premier volet d’une sĆ©rie intitulĆ©e « Mon truc Ć  moiĀ Ā», Laure Hirsig pose la question au comĆ©dien d’origine sĆ©nĆ©galaise, Boubacar Samp.

Carlo Brandt, l’homme renversĆ© (II)

Pour nous, Carlo Brandt a prĆŖtĆ© ses traits au visage inquiet et brut du monde. ComĆ©dien d’exception, il se livre dans un portrait intime dressĆ© par Laure Hirsig. Second et dernier chapitre d’un entretien sans fard.

Carlo Brandt, l’homme renversĆ© (I)

Pour nous, Carlo Brandt a prĆŖtĆ© ses traits au visage inquiet et brut du monde. ComĆ©dien d’exception, il se livre dans un portrait intime dressĆ© par Laure Hirsig. Premier chapitre.

Julia Perazzini chatouille l’invisible – Fatal(e)s VI

Avec « Fatal(e)sĀ Ā», Laure Hirsig poursuit sa sĆ©rie d’entretiens sous l’Ć©gide d’Eros et Thanatos. Pour ce dernier volet, elle se laisse entraĆ®ner par la comĆ©dienne Julia Perazzini dans les limbes de l’enfance.

Isabelle Caillat au coeur de la crise

La comĆ©dienne genevoise s’impose en femme de tĆŖte et de coeur dans « Cellule de criseĀ Ā», nouvelle sĆ©rie signĆ©e Jacob Berger qui nous dĆ©voile les arcanes de l’humanitaire. Entretien Ć  la veille de la diffusion.

Y’a-t-il encore un.e auteur.e dans la salle?

Acteur.trice Ć  la fois central et Ć  part, l’auteur.e d’un spectacle ou d’un film doit composer avec des contraintes qui laissent peu de place Ć  l’ego. Trois d’entre eux/elles nous parlent de leur pratique.

Alain Mudry, colosse au clair de lune

La « crise de la quarantaineĀ Ā» a donnĆ© l’occasion Ć  Laure Hirsig de questionner comĆ©diennes et comĆ©diens sur la solitude dans leur parcours et leur pratique. Pour ce sixiĆØme « TraversĆ©e en solitaireĀ Ā», on se met sur orbite avec Alain Mudry.

Serge Valletti brise le glas Ć  Avignon

Acteur, auteur, scƩnariste aux cƓtƩs du rƩalisateur Robert GuƩdiguian, Serge Valletti a mis du baume aristophanesque sur les plaies du festival avortƩ. Rencontre.

Arblinda Dauti, la perle noire

La « crise de la quarantaineĀ Ā» a donnĆ© l’occasion Ć  Laure Hirsig de questionner comĆ©diennes et comĆ©diens sur la solitude dans leur parcours et leur pratique. Pour ce cinquiĆØme « TraversĆ©e en solitaireĀ Ā», on se fait la belle avec Arblinda Dauti.

David ValĆØre, l’homme debout qui met le chaos K.O.

La « crise de la quarantaineĀ Ā» a donnĆ© l’occasion Ć  Laure Hirsig de questionner comĆ©diennes et comĆ©diens sur la solitude dans leur parcours et leur pratique. Pour ce quatriĆØme « TraversĆ©e en solitaireĀ Ā», on fend les flots avec David ValĆØre.

Olivia Csiky Trnka, l’extra-terrienne

La « crise de la quarantaineĀ Ā» a donnĆ© l’occasion Ć  Laure Hirsig de questionner comĆ©diennes et comĆ©diens sur la solitude dans leur parcours et leur pratique. Pour ce troisiĆØme « TraversĆ©e en solitaireĀ Ā», on dĆ©colle aux cĆ“tĆ©s d’Olivia Csiky Trnka.

Raphaƫl Vachoux, sans peur ni reproche

La « crise de la quarantaineĀ Ā» a donnĆ© l’occasion Ć  Laure Hirsig de questionner comĆ©diennes et comĆ©diens sur la solitude dans leur parcours et leur pratique. Pour ce deuxiĆØme « TraversĆ©e en solitaireĀ Ā», on embarque aux cĆ“tĆ©s de RaphaĆ«l Vachoux.

Jacques Michel, l’Ć©chappĆ©e belle

En six décennies de carrière, le comédien a endossé tous les costumes. Acteur dans tous les sens du terme, il a construit une histoire qui déborde la sienne, celle du théâtre romand. Portrait.

Lola Giouse, Miss en tropisme

La « crise de la quarantaineĀ Ā» a donnĆ© l’occasion Ć  Laure Hirsig de questionner comĆ©diennes et comĆ©diens sur la solitude, ses charmes comme sa nocivitĆ© dans leur parcours et leur pratique. Pour cette premiĆØre « TraversĆ©e en solitaireĀ Ā», on largue les amarres avec Lol…

Un dernier cafƩ avec Michel Piccoli

L’acteur nous a quittĆ© le 12 mai, Ć  l’âge de 94 ans. En guise d’hommage, des extraits inĆ©dits d’un entretien accordĆ© Ć  Lionel Chiuch Ć  l’occasion de la tournĆ©e de « MinettiĀ Ā», de Thomas Bernhard.

Monica Budde, la voix libre

D’Andromaque de Racine au personnage de A de Sarah Kane, la comĆ©dienne Monica Budde campe des femmes qui, comme elle, ne s’en laissent pas conter. Portrait en toute libertĆ©.

Braqueur de banques!

Alors que la saison 2 de « Quartier des banques » débarque sur les écrans, son réalisateur, Fulvio Bernasconi, nous parle de son rapport aux comédien(ne)s.

Gilles Tschudi: « C’est vrai, je ne connais pas de barriĆØreĀ Ā»

Acteur puissant et subtil, Gilles Tschudi n’hĆ©site pas Ć  se mettre Ć  nu, comme dans « SouterrainbluesĀ Ā», mis en scĆØne par Maya Bƶsch il y a prĆØs de dix ans au Grütli. Mais l’homme dĆ©voile volontiers aussi ce qui « l’agitĀ Ā» et dresse ici une vĆ©rita…

Sarah Marcuse: Tribulations avignonnaises

En 2018, la comĆ©dienne et metteure en scĆØne genevoise Sarah Marcuse s’est frottĆ©e au Festival Off. Elle en rapporte un tĆ©moignage fort que nous reproduisons ici avec son aimable autorisation.

Carole Epiney, nƩvrosƩe Ơ temps partiel

Elle était impeccable dans « Les névroses sexuelles de nos parents ». La valaisanne Carole Epiney affronte les aléas de la vie de comédienne romande avec une belle énergie.

Il y a plus de compagnies que de films

Critique à la Tribune de Genève, Pascal Gavillet est un habitué du cinéma suisse, dont il connait bien les mécanismes. On fait le point avec lui.