“Molière écrit pour sauver les meubles”

Bientôt à l’affiche de “Villa Caprice” de Bernard Stora, Michel Bouquet, 94 ans, a voué sa vie aux auteurs. Il évoque ici Molière et Ionesco.

Dans son “Journal”, le critique aujourd’hui disparu Matthieu Galey se souvient d’une soirée au théâtre. Nous sommes en 1953 et l’on donne “L’Alouette”, de Jean Anouilh, au Théâtre Montparnasse. Matthieu Galey salue le travail de Suzanne Flon puis ajoute “mais c’est Michel Bouquet, en Charles VII, qui m’enthousiasme, couard, futile et merveilleux”. En trois qualificatifs, le journaliste vient de résumer ce qui caractérisera  désormais le jeu du comédien – qui a alors 28 ans – dans sa manière d’aborder les personnages ambigus et complexes qu’on lui confie volontiers. Homme de scène, Michel Bouquet est aussi un homme de grands textes, dont il a fréquenté les auteurs avec un égal bonheur.  

Crédit: Béatrice Louise

L’interview

En 1944, vous entrez dans la carrière avec Tartuffe de Molière et c’est sur ce même Tartuffe, monté par Michel Fau, que vous quittez la scène en 2017. Molière vous aura accompagné tout au long de votre vie…

En fait, je ne le comprenais pas tout à fait tant que je n’ai pas saisi une petite chose : Molière n’écrit pas en homme de lettres. Il n’écrit pas en penseur ou en homme qui aurait une idée très intéressante sur l’humanité…

Il n’écrit pas pour la postérité…

Non plus. Il écrit pour le besoin d’argent qui est alors le sien. Il écrit pour cela. Il y a le très beau livre de Roger Duchêne sur Molière, édité chez Fayard. L’auteur s’appuie sur le livre de La Grange (ndlr : comédien dans la troupe de Molière), qui tient le compte-rendu de la troupe depuis ses débuts, et il relève les échecs, très grands, qu’il a connu avec les tragédies de Corneille. Et il note qu’à partir du moment où son théâtre va être en péril, Molière se met à écrire…

En quelque sorte, il se “résout” à écrire…

Oui, il se résout à écrire. Ce qui fait que son théâtre n’est pas celui d’un penseur qui se poserait la question de savoir s’il est un grand écrivain. Non, non : il écrit pour le besoin de la chose. Et il écrit très sérieusement, très studieusement, pour être efficace. Et pour pouvoir avoir un rôle qui lui ressemble un peu. Ainsi que des rôles pour les comédiens de sa troupe. C’est écrit pour ça: pour sauver les meubles. Et comme c’est un maître grimacier extraordinaire, le public est très attiré par cet aspect. Il le voyait souvent morose dans les tragédies, ou de mauvaises humeurs, et là il le découvrait lui, avec son génie de la grimace. 

Souvent, il s’appuie sur sa propre expérience pour écrire son oeuvre.

Ce qui reste tout à fait extraordinaire dans l’histoire, c’est qu’il a une écriture spontanée, naturelle, qui est d’une science parfaite. Et d’une efficacité éblouissante. Il a le mérite de faire rire le roi grâce à cela. Comme il a été élevé avec les princes – cinq ans au collège de Clermont quand même! – , il dispose d’une formation aristocratique. Par ailleurs, il a connu l’épreuve de la prison et ensuite il a suivi le chemin vers le peuple. C’est un homme complet dans son expérience de la vie. Il sait ce qu’est la puissance. Il a vécu ce déjeuner avec le roi où ce dernier dit à ses courtisans : « Messieurs, un peu de silence, nous faisons manger Molière ». C’est complètement extraordinaire, c’est quelque chose d’à peine croyable tellement c’est étonnant. Que Louis XIV ait dit ça. Donc, il y a quelque chose qui fait qu’il est à part dans le monde du théâtre, des lettres. C’est ça qui m’a touché, je pense…

Dès la première rencontre avec Molière, il y a cet intérêt, ce sentiment de complicité presque?

J’aime tous les auteurs que j’ai pu jouer. Je les vénère au point de les prendre un peu comme conseillers de ma propre vie. Ce que devrait être un auteur de théâtre pour ses spectateurs. Et je les aime tous pour des raisons différentes. Mais le contact avec Molière est tout à fait impressionnant. Moi, j’ai joué surtout “Le Malade imaginaire” et “L’Avare”. J’aime mieux le Molière en prose… “Les précieuses ridicules”, c’est absolument magnifique. Une pièce tout à fait étonnante. Et “L’école des femmes”, n’en parlons pas. C’est peut-être le chef-d’œuvre absolu. Mais, malheureusement, il n’y a pas de rôle pour un acteur. Le sujet est magnifique. Contrairement à ce que les gens peuvent penser, ce n’est pas du tout une pièce contre le féminisme, pas du tout. C’est une pièce à la gloire du féminisme. Et c’est une pièce parfaite sur le plan de la forme, construite comme un bijou. Magnifique et courageuse dans ce qu’elle dit. Et dans ce qu’elle dit de plus juste par rapport aux défauts des femmes, par rapport à leurs grandes qualités. Et par rapport à l’impossibilité, la difficulté très grande qu’il y a de trouver un accord entre les deux sexes. Cette perspective, cette chose qui est nécessaire…

On a le sentiment qu’il n’est jamais dupe de rien, et surtout pas de son époque…

Il est très actuel. Il est de toute époque, sauf du XIXe où on a voulu en faire un apôtre du sens. Alors que c’est tout le contraire. C’était un fou. Il est beaucoup plus proche d’une certaine liberté de penser, des surréalistes, je ne sais pas, que du classicisme. Il est magnifique. En plus, c’est un homme qui a su exprimer toutes les luttes qu’il a menées pour rester à peu près valable à ses yeux d’homme à lui. Pour pouvoir se regarder dans le miroir. Il a cette espèce de manière de se dire : puisqu’il y a un problème à régler, je le règle avec un personnage fictif, une catharsis pour arriver à m’en débarrasser. Ce qui est étonnant, c’est que, comme il n’a pas de sujets à proprement parler, du moins pas toujours, il a ce sujet qui est lui-même. Et l’on voit à quel point un homme peut atteindre la vérité sur lui-même. C’est la beauté de son théâtre…

Alors, un autre auteur qui a joué un grand rôle dans votre carrière, c’est Eugène Ionesco.

Il y a une sorte de rapport. Ionesco a sûrement bien regardé comment Molière faisait. Tout en créant un théâtre différent. Il y a un mélange de l’influence shakespearienne et de l’influence moliéresque. Nous en avons parlé souvent, les derniers temps que j’ai passé avec lui : il tenait beaucoup à un retour au classicisme. Il voulait quitter le fait que l’on cherche un nouveau théâtre. Ça lui a semblé vain. Déjà, avec “Rhinocéros” que je jouais pour Barrault. J’ai donné 100 représentations en tournée : les salles se vidaient toujours. Régulièrement, on débutait salle comble et on finissait à 30. A cette époque là, c’était très fatigant, extrêmement dur : mais ça m’a beaucoup appris. Et à lui. Parce que là, il retourne vers le classique et il écrit des chefs-d’œuvre. Il y a une pièce, que je trouve mal construite par moment, parce que, mon dieu, il abusait un peu trop de la boisson, et quelquefois ça lui jouait des tours… mais j’ai failli jouer une pièce de lui que j’aime énormément, qui n’est pas vraiment aboutie malheureusement, c’est “Ce formidable bordel!” C’est une pièce magnifique. Mais elle n’est pas claire dans son propos. En fait, c’est la figure du Christ, le personnage, une espèce de Christ de Saint-Sulpice, qui regarde les choses et qui ne dit pas un mot. Alors j’ai été tenté par ça et puis je me suis dit non, ce n’est pas possible. La construction est très bizarre, avec six monologues qui se suivent. C’est magnifique mais complexe. Et ça reste dans la ligne classique. Ionesco est tout entier dans la réflexion qu’il a fait à un journaliste qui lui demandait : « Mais “La soif et la faim”, qu’est-ce que ça veut dire ? On ne comprend pas bien… » Et Ionesco répond : « Ecoutez: les hommes ont faim, les hommes ont soif. Mais de quoi ? ». C’est magnifique, c’est l’impossibilité de savoir. C’est un peu comme “Le malade imaginaire”, on ne sait pas très bien… On pourrait faire une soirée juste avec le premier acte de “La soif et la faim”. Parce que ça se tient. C’est profondément tragique dans le réel : c’est le concret total.

Le tragique, chez Ionesco, a toujours une dimension comique…

Il m’est arrivé une histoire extraordinaire avec lui. On allait le voir pendant les répétitions du “Roi se meurt” avec Georges Werler, mon metteur en scène. Ionesco était très malade, on le portait dans un fauteuil voltaire, et sa femme lui apportait des grands verres de thé, mais fort, fort, rouge sang. C’était très impressionnant. Alors il buvait ce thé pour essayer de se garder en vie. Souvent, on parlait de choses et d’autres, il était adorable, c’était un homme exquis, un homme enfant, un homme qui méritait d’être enfant. Il demandait : “Vous croyez que ça vaut quelque chose, tout ça ?” Et je lui disais : “Eugène, enfin, vous êtes le seul auteur vivant qui êtes entré à La Pléiade. Alors quand même, ce n’est pas pour rien. Et toute votre œuvre est là. » Et lui : « Oui. Vous trouvez ça intéressant ? » Vraiment, il était très sincère. Et un jour je lui dit : « Vous savez, je ne peux pas venir la semaine prochaine ». Lui : « Oh, quel dommage ! Vous ne pouvez vraiment pas venir ? » Je lui réponds : « Non, parce que je suis obligé d’aller voir ma mère ». Il fait : « Oh ! Vous avez encore votre maman. Et elle a quel âge ? » Je lui dis : « 101 ans ». Et alors j’ai senti que ça lui faisait un effet extraordinaire. Comme s’il se disait : “Mais alors, tous les espoirs me sont permis. Si la mère de Michel vit jusqu’à 101 ans, pourquoi pas moi ? » Nous sommes ensuite partis en tournée. Et puis on a appris sa mort. On a été très secoué, on jouait “Le roi se meurt”, c’était très bizarre. Je suis remonté pour l’enterrement. Puis je suis repassé chez moi après le service, avant de repartir en tournée. Et là, j’ai écouté mon répondeur. Il y avait plusieurs messages et tout à coup j’ai entendu : « Allo ! Ici Ionesco. Comment va votre maman ? ». C’est tout Ionesco, ça. Ça m’a toujours frappé, c’était lui… Il a eu peur de la mort toute sa vie.

Le théâtre, la vie, ce n’est jamais très éloigné…

Le théâtre est une chose magnifique. C’est la dernière fois que l’homme parle à l’homme. Et dit toutes les vérités de l’homme : les défauts, les méchancetés, les haines. Et toutes les bontés, la qualité de l’individu. Toutes les pièces montrent ces aspects de l’homme à d’autres hommes qui sont là pour se confronter avec l’auteur.

Vous avez dit un jour que ce n’est pas le comédien mais le public qui joue.

Oui, c’est le public qui joue. Le comédien n’est qu’un passeur. Il y la présence de l’auteur et le public. Et cette question de savoir comment ils vont se rencontrer et se serrer la main. Trouver l’un avec l’autre un accord. C’est très étonnant ça, et je ne le trouve que dans le théâtre. Dieu sait que j’ai aimé le cinéma aussi, mais moins quand même. Parce qu’il y a une trop grande présence – au théâtre aussi, d’ailleurs – de la mise en scène. Le metteur en scène au cinéma , il a tout dans la main, il a même votre conscience. Il fait de vous ce qu’il veut. Je regarde très peu, mais il m’arrive de voir un film dans lequel je suis et je constate à quel point cette idée que j’avais du rôle est déformée par la mise en scène. C’est une chose qui ne peut pas arriver au théâtre. C’est pour ça que j’aime quand même beaucoup plus le théâtre. Même s’il y a le risque aussi. Et puis aussi ce combat à mains nues, comme l’auteur a eu avec lui-même, « contre » lui, comme sur un ring de boxe.

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