Garance La Fata, l’esprit boomerang

J’AI DEUX AMOURS (I) Parce que la vie ne s’arrête pas aux limites de la scène, certain.e.s comédien.ne.s s’emploient à jouer un rôle bien ancré dans le réel. Pour ce volet inaugural, Laure Hirsig échange avec Garance La Fata sur ce “double jeu”.

Comédiennes et comédiens de ce feuilleton ne sont pas à demi-passionnés, mais doublement ! Parallèlement à leur métier d’interprètes, ils se consacrent pleinement à une autre pratique. Choisir, c’est renoncer. Eux dessinent un troisième territoire, à l’image de leur curiosité et de leur complexité, où leurs deux Amours peuvent s’ébattre en toute liberté.
Voici les anti-dilettantes, ouverts sur le monde, dont les témoignages tordent le cou à un solide préjugé sur les comédien.nes. Absorbés par la contemplation ébahie de leur nombril hypertrophié, ces êtres éthérés planeraient au-dessus du réel, captifs volontaires d’un monde parallèle, ou insouciance rime avec indolence. Rien n’altère la surplombante rêverie dans le cœur égoïste de la tour d’ivoire où ils se terrent. Planqués dans la fiction, actrices et acteurs s’épargneraient les aléas de la réalité. Ces indécrottables Narcisses font de l’exhibition profession de soi et de foi. Logique : l’ego gonfle sous les projecteurs, voilà un phénomène thermique bien connu. Être ou paraître, c’est comme boire ou conduire ; il faut chois… Stop !
Les idées préconçues sur les « théâtreux » ont la dent longue et la peau épaisse. Soyons aussi coriaces qu’eux pour les contrer. Femmes et hommes de théâtre ne sont pas d’immuables monolithes. Leurs champs d’action contribuent, au contraire, à opérer des changements concrets et pacifistes au sein de la société civile.
Je suis partie à la rencontre de polytalentueux qui ont accepté de dévoiler la face cachée de leur lune de miel avec un deuxième amour.

Les Rebelles © Guillaume Perret

Douceur et bonne humeur nimbent la jolie fleur à toute heure. Avec sa moue à la Marion Cotillard et son rire tonitruant, elle envoie le malheur se faire voir ailleurs. Cette énergie positive se construit à chaque instant, en pleine conscience, là où l’insouciance ne s’aventure plus depuis l’enfance. Garance avance, en résonance binaire avec les circonstances : action / vérité. Pas de demi-mesure. Mademoiselle fait dans l’épure, car de ses choix, même les plus durs, elle est sûre. Sa ligne de vie, porte dans ses courbes le courage de ceux qui ont assez de rage pour prendre des virages.
Guidée par une ultra-sensibilité, portée couci comme un fardeau, couça comme un cadeau, cette femme de tête qui s’ignore, bat des cils mais jamais en retraite, quand il s’agit de défendre des causes qui lui tiennent à cœur. Le réel l’atteint de plein fouet. S’affranchissant de la logique de la fatalité, elle y répond avec son esprit boomerang, s’engageant de front sur les plateaux et bientôt dans la sphère politique. Aujourd’hui, Garance défend ses deux Amours publiquement, puisque la voilà tout fraîchement élue au Grand Conseil de Neuchâtel. Entretien avec une affranchie.

Quel métier rêviez-vous de faire enfant?

– Vers 7-8 ans, je rêvais de devenir pompière ou ambulancière : j’avais envie d’aider les autres, de me rendre utile. J’ai découvert le théâtre quelques années plus tard, à l’école primaire, et joué ma première pièce à 11 ans. Je me souviens avoir adoré ça. Adolescente, c’est l’envie de devenir avocate qui m’a prise aux tripes. Je voulais défendre la veuve et l’orphelin. Je continuais le théâtre et l’impro dans le cadre scolaire.
En secondaire, j’ai opté pour la filière économie et droit tout en intégrant la troupe de théâtre du lycée. Les deux choses m’accompagnaient. Côté choix d’études, j’ai vite déchanté car l’économie ne m’intéressait pas et j’ai réalisé que le droit, avant toute spécialisation, couvre un champ très large qui traite autant les contrats de bail que les droits de l’Homme. J’étais loin de mon idéal d’avocate- justicière qui aide les opprimés.
J’ai poursuivi assidûment le théâtre en m’inscrivant à la formation pré-professionnelle de la Chaux- de-Fonds. L’épanouissement par le jeu et l’activation des émotions du public m’enthousiasmaient de plus en plus. J’ai obtenu ma maturité en économie et droit, tout en sachant pertinemment que je n’approfondirais pas la voie académique. J’ai terminé le lycée en juin et, dans la foulée, j’ai tenté les concours de l’école de théâtre Serge Martin et de La Manufacture*. J’ai été prise tout de suite chez Serge Martin. J’ai foncé car sa pédagogie consacrant la part belle au travail de corps m’attirait. Cette filière m’a semblé, à ce moment- là, la plus juste pour grandir. Ceci dit, depuis toujours, je m’imagine pratiquer différents métiers.

Pourquoi, comment et quand a commencé votre engagement politique?

– Depuis l’enfance, je réagis de manière épidermique à ce que je considère être des injustices. Lorsque j’y suis confrontée, je suis prise d’une sensation physique qui part de la pointe des pieds et remonte jusqu’à la racine des cheveux ; je dois réagir. Il m’est arrivé de foncer dans le tas, en soirée par exemple, si je vois quelqu’un se faire humilier. Je bondis sans réfléchir et peux me retrouver mêlée à des situations délicates. Je suis poreuse de nature à ce qui se passe autour de moi. À plus large échelle, les situations d’injustice, qui foisonnent sur la planète, ne me laissent jamais de marbre. Mais mon premier contact avec la politique à proprement parlé remonte au lycée. En 2007, notre Directeur a été approché par le Comité Jeunesse de Forum Alpinum qui souhaitait organiser des débats politiques au sein de notre établissement. J’ai intégré l’équipe d’animation, soutenue par le Parlement des Jeunes de la ville. Nous abordions les questions de société sous un angle nouveau pour moi, qui contrastait avec mes réactions impulsives. Je me souviens que l’un des thèmes abordés nous concernait directement : le droit de vote à 16 ans. Suis-je prête à voter ? Doit-on avancer l’âge auquel une voix compte ? Sans ce droit, comment partager nos idées ? Le débat m’avait passionnée. J’avais 17 ans.
Suite à cela, je n’ai plus eu de contact direct avec la politique des années durant. Pendant mes études de théâtre, je manquais de temps à cause des allers-retours entre l’école à Genève et mon domicile à La Chaux-de-Fonds. Le samedi, j’avais un job d’étudiante. Par ailleurs, ma situation personnelle faisait que je me posais moins de questions, ou plutôt qu’elles continuaient à vibrer en moi, mais en mode hibernation.
Ces questions restées en suspens au-dessus de ma tête m’ont rattrapée il y a 3-4 ans. Comment me rendre utile ? Comment équilibrer mon engagement dans la pratique théâtrale et dans la vie ? Où mes choix actuels me mènent-ils ? La résurgence de ces interrogations a provoqué un brutal changement de cap. Tout d’abord, je me suis séparée de mon compagnon de longue date. Ce bouleversement fut sans doute l’une des conséquences d’une forme de « réalignement ». Une chose, impossible à qualifier, m’a poussée à explorer des zones jusqu’alors inexplorées de ma personnalité. Constituée de centaines de petites facettes, comme une boule à facettes, je me sens en phase avec qui je suis, lorsque je renvoie la lumière à 360° autour de moi.

C’est alors que j’ai commencé à faire du bénévolat dans diverses associations du canton de Neuchâtel ; Les Noël solidaires et récemment de la distribution de nourriture avec les scouts, organisée par Caritas, Label Bleu et Médecins du Monde au début de la pandémie. Par ailleurs, j’ai initié des actions citoyennes pour venir en aide aux requérants d’asile, d’autres pour soutenir les commerçants durement impactés par la crise de la covid.

En 2019, j’ai monté un spectacle avec de jeunes migrants d’une classe JET (Jeunes En Transition). J’ai vécu des moments de pure magie et de partage merveilleux grâce à ce projet qui s’est révélé une sorte de révélation pour moi. C’était tellement humain, tellement vivant. Il fallait être ici, maintenant et ensemble. Cela n’exclut pas les doutes et l’adversité, surtout lorsque la responsabilité implique, au-delà de l’artistique, la participation de jeunes soumis aux difficultés de l’exil.
Mon hyper-sensibilité me conduit à vivre tout intensément, que je le veuille ou non. Cela me procure énormément de joie quand je suis en haut de la vague, mais parfois je suis dessous, sans pouvoir respirer. Tous ces éclats – qu’ils soient en haut ou en bas – font partie de moi. J’essaye de tous les appréhender et accepte d’aller moins bien certains jours. Avec le recul, j’ai pris conscience que pendant des années je répondais toujours « ça va » avec un grand sourire quand on me demandait comment j’allais. J’ai appris à dire quand ça ne va pas, même si cela déstabilise les gens car il y a un tabou autour des émotions. Le fait de verbaliser ses affects peut être pris négativement, mais tant pis, je n’arrive plus à faire semblant. J’ai dû déconstruire des mécanismes pour me reconstruire. Les changements opérés dans ma vie intime, même douloureux, étaient nécessaires pour avancer. La politique consiste aussi à changer des choses, non plus en soi à l’échelle individuelle, mais hors de soi pour le collectif.
Je me souviens qu’après avoir participé à l’animation des débats, le directeur du lycée m’avait dit : « Garance, tu devrais faire de la politique ». J’avais rigolé, mais ce souvenir a ressurgi il y a quelques mois. J’ai dîné avec un politicien neuchâtelois et sa femme que je connais bien ; les deux sont membres du Parti socialiste. Durant le repas, nous avons abordé toutes sortes de sujets, brassant nos idées et valeurs respectives. « Tu devrais faire de la politique » me dit soudainement ce Monsieur… exactement la même phrase que le directeur du lycée ! J’ai répondu que je n’avais aucune expérience donc aucune légitimité. Assumer publiquement ce que l’on pense me paraissait une épreuve gigantesque. « Détrompe-toi, tu as tous les atouts pour réaliser quelque chose là-dedans », m’a-t-il répondu. Dans l’optique qui est la mienne actuellement d’accueillir les choses qui se présentent, je me suis alors demandée si cette expérience coïncidait avec mes aspirations. Le Parti Socialiste porte des valeurs compatibles avec les miennes mais je conservais quelques craintes dont je lui ai fait part. Suis-je prête à mettre mon nom sous un parti et être d’accord avec toutes les idées qu’il porte ? À gauche, il y a Les Verts, Solidarités, le PS,… comment choisir ? Il m’a répondu: « Personne ne fusionne entièrement avec l’ensemble des lignes d’un parti, c’est impossible ! À l’intérieur d’un même parti, tu trouves des gens avec lesquels tu n’es pas d’accord et ces différences sont essentielles. Tu as le droit d’avoir des dissonances ». Le parti cherchait des gens à mettre sur les listes pour les élections. Je me suis dit : « Allez vas-y, essaye ! Qu’as-tu à perdre ? »

Qu’est-ce que la politique t’apporte d’unique?

– Grâce à la politique, mes engagements citoyens prennent une ampleur supplémentaire car ils peuvent se concrétiser à un niveau décisionnel. Me confronter à une campagne politique a été nouveau pour moi. J’ai dû coucher mes idées sur le papier : voilà en quoi je crois, voilà pour quoi je m’engage. J’apprends à verbaliser, assumer et affirmer ce que je pense et à donner une valeur rationnelle à ce que je ressens. Je ne suis pas seule. Des gens me guident dans ce nouvel exercice car il me manque certains outils mais j’apporte ma fraîcheur. J’apprends également comment fonctionner humainement dans le monde politique. J’ai fait des marches avec les femmes socialistes et trouvé magnifique d’être ensemble, reliées physiquement, pour défendre des valeurs communes.

D’autre part, en me présentant au Grand Conseil, j’ai le plaisir d’échanger avec des gens qui n’ont pas mes idées. Je pourrai d’autant mieux défendre les valeurs auxquelles je crois en échangeant avec ceux dont l’opinion diverge. Comment mêler les idées de l’autre aux miennes pour être encore plus forte ? Rares sont les espaces où l’on peut débattre avec bienveillance et ouverture pour enrichir son argumentaire. Les améliorations ne se font pas toutes seules mais en se confrontant. Ce serait merveilleux que chaque personne puisse, à son niveau, accéder à des espaces de parole. Par exemple, quand tu as une addiction, tu peux intégrer un groupe où échanger pour régler ta problématique. Pour moi, la politique, c’est un peu comme un cercle de parole. Il ne faut pas y aller pour se juger mais pour avancer, car plus on reste ouverts, mieux on change les choses.
Enfin, l’entrée en politique m’a permis de rencontrer des gens d’autres milieux que le mien. Les élus du Grand Conseil ont un métier à côté, donc des pratiques différentes de la mienne. Ce que j’apprends des différences est essentiel. Lorsque je suis entrée à l’école Serge Martin, je n’avais que quelques ami.es dans le milieu artistique. J’ai toujours eu ce besoin de diversité, de me confronter à d’autres réalités que la mienne. Vivre en autarcie entourée de gens qui ont tous la même vie que moi m’insupporterait. Aujourd’hui, j’adore mon métier de comédienne et les gens que je fréquente au PS m’apportent d’autres expériences au même titre que les années chez Serge Martin m’ont à l’époque enrichie.

Autoportrait  ©  

“Comment parler de ce que l’on ressent ? Comment transformer les opinions en mots ? J’ai toujours eu du mal avec ça car j’ai peur de la confrontation, j’ai peur de blesser, de ne pas trouver les mots justes, d’être décalée dans mon commentaire. La pratique politique m’apprend à mieux verbaliser mes sensations.”

Les Fourberies de Scapin © Guillaume Perret

Êtes-vous entendue, en tant que jeune femme, dans le milieu politique ? 

– Le collectif pour la Grève féministe de Neuchâtel a publié un manifeste composé de 14 revendications, soumises au Conseil d’État. Parmi ces propositions de réformes, il n’y en a pas une que je ne soutiendrais pas. Comment construire un Vivre ensemble ? Comment respecter l’unicité de chaque individu tout en vivant harmonieusement en société ?
L’un de mes chantiers prioritaires est la défense du respect de chacune et chacun. Mes trois mots d’ordre sont égalité, dignité et solidarité. Lutter contre les violences sexistes, sexuelles et contre le harcèlement est urgent. Soutenir les minorités aussi.
Une forte proportion des femmes socialistes est féministe. La défense de la parité sur les listes électorales est l’une des grandes luttes du parti. Davantage de femmes doivent participer aux débats pour parler des problématiques rencontrées par les femmes. Qui de mieux placées qu’elles pour en parler ? Nous avons besoin de femmes au gouvernement !
Quand tu es une femme de 30 ans, sans enfants, avec un métier artistique – parfois précaire – et que tu te lances en politique, tu dois t’affranchir des carcans, brandis comme les seuls modèles à suivre. J’apprends à quel point c’est émancipateur d’assumer d’être hors schéma ! Depuis ma séparation, tout converge dans ce sens-là, bien que tout ce que j’ai vécu jusque-là était beau et fait partie intégrante de moi. D’ailleurs, si je me suis aventurée sur cette piste de décollage vers un autre monde, c’est aussi parce que ce qui précède a été un terreau fertile.

Qu’amenez-vous du théâtre dans la politique?

– Certains outils acquis grâce à mon métier de comédienne m’apportent une force précieuse en ce début de carrière politique, notamment le bagou qu’un art oratoire comme le théâtre permet d’exercer. Je me sens à l’aise dans la prise de parole.
Par ailleurs, lorsque je serai en situation de confrontation réelle, je pense activer une interface comparable à celle d’un personnage de théâtre pour mieux résister aux déstabilisations des adversaires politiques. Cela me permettra de prendre de la distance, comme un personnage permet de le faire. Ce n’est pas moi qu’on attaque, je défends des idées au nom d’une communauté, au même titre que lorsque je prends la voix d’un personnage. Je me réjouis de cet exercice car je suis très émotive dans la vie.
Enfin, le théâtre m’aide à ne pas avoir la sensation de devoir en permanence justifier la place que je prends peu à peu en politique. C’est un gros travail sur moi. Quand je suis sur un plateau, je me sens à ma place. J’aimerais assumer autant celle que j’ai aujourd’hui en politique.

Qu’amenez-vous de la politique dans le théâtre?

– J’ai l’impression d’amener des enjeux plus radicaux dans mes projets théâtraux. Le plateau permet d’aborder des thèmes socio-politiques, comme la condition des femmes ou celle des migrants. Je traite les problématiques de terrain au théâtre, comme je les traite en politique. Je cherche comment traduire les réalités du terrain politique sur scène. L’action politique va me confronter à des sujets brûlants. Certains vont peut-être me sembler essentiels à porter en scène. Quelle pierre à l’édifice politique puis-je apporter grâce au plateau ? La vie influence le plateau, c’est indéniable. Alors, comment le plateau peut-il influencer la vie ? Concrètement, quel filtre de transposition utiliser pour que l’un exprime l’autre ? La politique élargit mon horizon de recherche théâtrale. Je veux œuvrer sur cette porosité passionnante.

Par ailleurs, j’ai l’impression de mettre un autre sens dans mes implications professionnelles. Je n’accepte plus un contrat juste parce que c’est cool d’avoir du travail, mais je me demande à quoi et à qui je m’associe.
La politique m’aide à structurer ma pensée. Lorsque je suis spectatrice, que je sors d’une salle et que l’on me demande : « Alors ? T’en as pensé quoi ? », souvent je bloque, incapable d’exprimer mes impressions. Comment parler de ce que l’on ressent ? Comment transformer les opinions en mots ? J’ai toujours eu du mal avec ça car j’ai peur de la confrontation, j’ai peur de blesser, de ne pas trouver les mots justes, d’être décalée dans mon commentaire. La pratique politique m’apprend à mieux verbaliser mes sensations.
Les rapports peuvent être rudes en politique, mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Même si j’ai fantasmé pendant des années que c’était le cas, nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours. Non, des gens vivent des choses atroces. Je m’estime suffisamment solide pour affronter ce qui est noir, difficile et sombre, peut-être parce que j’ai la chance de ne pas baigner dedans mais aussi parce que je suis soutenue par mon entourage familial et amical. J’en suis très reconnaissante. Quand j’ai annoncé que je me lançais en politique, personne n’est tombé des nues. À chaque fois que je suis prise d’une nouvelle lubie, j’appelle des amies à la rescousse. Elles répondent systématiquement présentes : « T’as besoin d’un coup de main ? Allez, on y va ! ». Grâce à cette solidarité, nous avons récolté, trié et emballé en deux semaines 350 paquets-cadeaux offerts par des citoyen.nes pour les requérant.es. Je suis une lanceuse d’idées, entourée de gens au taquet pour m’épauler.
Le théâtre et la politique induisent des rapports humains. Les strates que chacune de ces deux disciplines déposent en moi ne sont pas du tout antinomiques. Au contraire, ma pratique théâtrale est complétée par mes actions politiques, elles-mêmes complétées par le théâtre.

* La Manufacture-HETSR : Haute École de Théâtre de Suisse Romande, basée à Lausanne.

Propos recueillis par Laure Hirsig

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