Jean-Louis Johannides         Into the wild

Rétrofuturiste (IV) En courants alternatifs ou continus, l’histoire du théâtre suit une chaîne de transmission humaine. Quel que soit leur degré de parenté avec les précédentes, les œuvres ne surgissent pas hors sol. Elles puisent dans un terreau, lui-même agrégat de ce qui précède et future zone de germination de ce qui suivra.

Secoué de ruptures, le théâtre est un art à l’infini, par le vivant transmis. Et à l’instar de tout corps en vie ; il s’agite et mute. Alors que certains l’estiment has been depuis l’avènement du cinéma et moribond depuis l’intrusion dans les foyers du poste de télévision, les adeptes du positivisme l’imaginent au contraire progresser en ligne ascendante, voire trônant en tête de liste des pratiques innovantes. Les plus sages identifient des cycles.
Quoi qu’il en soit « Drama is not dead ». Que voit-on si, le présent chevillé au corps, nous jetons un regard en arrière ? Puis, hissés sur la pointe des pieds, le projetons vers l’avant ? Qui nous fait des clins d’œil ou des bras d’honneur dans le rétroviseur ? Et si le plateau continue de fertiliser les imaginaires, quel théâtre du futur prophétiser ? Sous l’effet d’imprévisibles volte-faces et au prix de scabreuses circonvolutions, les arts vivants sinuent à travers les modes, pour le meilleur et pour le pire. Questionner le passé et le futur de comédiennes et comédiens actifs aujourd’hui, c’est faire ressurgir mentors et idoles, amis et ennemis, pères ou pairs dont l’exemple, le soutien ou les foudres se sont révélés déterminants dans leur choix de carrière.
Cette série d’entretiens vous propose une plongée dans les souvenirs, les goûts et les affabulations rétrofuturistes de six comédien.nes.

(Photo page d’accueil: “Avec les dents”, aux côtés de Vincent Coppey©Nicolas Lieber)

Avec Fiamma Camesi dans”Cogitoscope”. ©Dorothée Thébert

La capacité de réinvention de Jean-Louis Johannides n’a d’égale que son humilité. Il aurait pu entrer dans le sillon de l’élite des artisans comme charpentier, mais il a préféré monter sur les planches que de les assembler.
Voir Jean-Louis jouer, c’est oublier que le plateau n’est qu’un lieu de passage, tant son ancrage y est affirmé et assumé. Aucun empressement, aucune nervosité ne viennent altérer son parcours. Il est bel et bien là, entier, posé, confiant.
Mais l’aérien rattrape le terrien.
Quand il n’œuvre pas dans la boîte noire, il sort prendre un bol air, là où les murs et les plafonds n’existent pas. Là où seul le ciel nous coiffe, là où le regard ne bute sur aucun obstacle. Ce passionné des grands espaces les convoque parfois dans le théâtre riquiqui, mariant l’infiniment grand à l’infiniment petit. Il jongle avec les échelles ; confrontant nos sens à d’infimes soubresauts dans l’immensité du cosmos. Il défend les arts vivants pour les vivants… Tous les vivants.
Dans l’arrière-salle d’un salon de thé déserté, nous nous réchauffons dans les effluves épicés du roïbos, la saveur du matcha et les vapeurs fumées du Lapsang souchong. Discuter avec Jean-Louis quand l’hiver gronde à la porte offre le même vertige qu’une marche dans la neige immaculée, sans traces de pas dans lesquelles se glisser. Nous défrichons la pensée à tâtons comme on arpenterait la banquise, le regard plissé face au blizzard, grisés par tant de nébuleuses perspectives.

“Je crois que les fondements de l’art vivant ne bougeront jamais : quelqu’un regarde une autre personne qui montre quelque chose. Le numérique tente d’infiltrer ce rapport et d’inventer de nouvelles formes ; c’est très bien mais je crois farouchement à la nécessité ontologique de l’homme à raconter quelque chose à son semblable.”

“Dans le bar d’un hôtel de Tokyo”©Samuel Rubio

“Cogitoscope”©Samuel Rubio

“Cogitoscope” ©Dorothée Thébert

Quel(s) événement(s) passé(s) ont inspiré votre carrière actuelle ?

– Quelqu’un au Conservatoire de Genève affirmait que la vocation est la première de toutes les vertus. Tu l’as ou tu ne l’as pas. Si tu ne l’as pas ? Cela ne sert à rien de devenir comédien.ne. Je ne partage pas cette vision discriminante. Je préfère celle de Charles Dullin qui ne croyait pas à la vocation comme une force mystérieuse, mais comme une construction qui s’échafaude au fil du temps. Il raconte que la sienne n’a cessé de se bâtir durant sa vie d’enfant, puis son adolescence, sous l’influence de personnalités comme le boulanger, le facteur, son oncle qui possédait plein de livres ; des gens qui, de prime abord, n’ont rien à voir avec l’art et la culture. Cet entourage aurait créé des “incises” déterminantes dans son être.
Si je repars en arrière, un événement fondateur tout simple qui remonte à l’école primaire me revient en tête. Je devais avoir 10 ans, nous devions préparer puis jouer une courte scène de la pièce Docteur Knock de Jules Romain devant la classe. La sensation de faire rire les autres – non parce que tu fais le pitre avec toi-même, mais à travers un personnage écrit dont tu t’appropries puis rétrocèdes la parole – m’avait fortement marqué. À travers une mécanique d’écriture, à travers le langage construit par un autre, j’avais découvert un nouvel espace d’expression. Après ; plus rien, terminé ! Cet épisode avait même disparu dans les limbes de ma mémoire.
En sortant de l’école, je me suis orienté vers un métier artisanal ; un apprentissage de charpentier. J’aurais pu assouvir ma soif de culture en intégrant les Compagnons du Devoir et du Tour de France*, mais j’avais entendu parler du Conservatoire. Intrigué, j’ai suivi l’année Préparatoire puis ai intégré l’ESAD*. À cette époque, la formation se concentrait sur les classiques et nous préparait à correspondre à des profils prêts à d’emploi ; le Jeune Premier, la Soubrette, etc. Nous râlions, mais avec le recul, je réalise que cet enseignement nous apportait de solides bases. Ce fut une période difficile pour moi. J’étais un “bleu” sans expérience mêlé à des jeunes qui avaient déjà une pratique théâtrale. Bien que travailleur, je me sentais complètement à côté de la plaque. Les enjeux m’échappaient. À l’intérieur de cette formation classique à laquelle je ne comprenais rien, a surgi Richard Vachoux. Il tirait une tangente vers les Surréalistes, le Cabaret Voltaire, la poésie. Pour moi ; il a incarné une ouverture vers le grand large et l’espoir de sortir du carcan des rôles de Jeune Premier. Il nous confrontait à des textes irrévérencieux, nous invitait à sortir du personnage, ce qui exigeait une nouvelle approche. Il a été un grand souffle d’air pour moi. Un autre prof, porteur d’un axiome complètement opposé, m’a profondément marqué : Roger Lewinter. Avec lui, nous travaillions la prosodie et la versification. J’ai adoré ça. Et j’ai adoré cet homme qui nous embarquait dans la langue de manière précise et intense, nous apprenant à dire l’alexandrin, à pousser une pensée jusqu’au bout du vers, à articuler de la poésie. Ces deux enseignements m’ont marqué.
Parallèlement, certaines lectures m’inspiraient, notamment les écrits de Claude Régy qui ont traversé les 15 premières années de ma pratique. Je l’ai lu bien avant de voir ses spectacles, découverts tardivement. Des acteurs aussi m’ont inspiré, comme François Chattot, Serge Merlin ! J’ai un souvenir illuminé de En attendant Godot de Beckett, mis en scène par Luc Bondy dans lequel jouait aussi Gérard Desarthes. Ils portaient ce texte abyssal avec une très grande liberté.
L’univers de la chorégraphe Maguy Marin reste très inspirant pour moi, qui ai toujours été attiré par l’engagement physiquement sur scène. Je cherche à éprouver des sensations en jouant. C’est souvent mon corps, comme un thermostat, qui m’indique si je suis au bon endroit. Avec quelqu’un comme Maya Bösch, j’ai découvert qu’il y avait aussi des possibilités de retrait complet de l’investissement du corps. L’acteur n’est pas obligé de suer sur le plateau pour transmettre quelque chose.
Ensuite c’est Oskar Gomez Mata qui m’a ouvert au jeu multi-dimensionnel. Avec lui, le travail de plateau se passe simultanément à des niveaux différents. Tu passes de l’un à l’autre à la fois dans les adresses au public, avec tes partenaires ou sur toi. Tu montres ce que tu fais ; tu fais apparaître les coutures.

Quels sont les esthétiques ou genres théâtraux qui vous influencent?

– Jusqu’à présent, j’ai l’impression d’avoir traversé trois phases assez claires.
D’abord, la phase classique. Au début de ma carrière, j’ai beaucoup travaillé avec Philippe Mentha au Théâtre Kléber-Méleau. Après six spectacles, j’ai voulu m’extraire de ce carcan. Bien qu’il m’ait mis le pied à l’étrier, il a fallu casser la filiation. Je m’asséchais artistiquement et n’avais plus envie de cautionner ce théâtre. C’était terminé. Je ne me nourrissais plus et commençais à découvrir d’autres esthétiques, notamment le théâtre belge.
La phase suivante correspond à la création de ma compagnie ; En Déroute. Des passions périphériques comme l’alpinisme, les grands espaces, la géographie, l’anthropologie, la philosophie infusaient ma pratique théâtrale. Comme acteur, personne ne me permettait de les convoquer. La grande porosité entre mes passions m’a conduit à les fusionner moi-même. Des questions ontologiques me taraudaient artistiquement. Que fait l’Homme, là, maintenant et comment se comporte-t-il avec son « autour » ? Alors, j’ai décidé de parler des grands espaces et du positionnement de l’être humain dans le monde sur un plateau, un théâtre aux antipodes de ce que j’avais fait précédemment comme acteur qui se mobilise et sue.
Dès 2007, j’ai monté une trilogie autour du Grand Nord et de l’homme en milieu hostile. Construire un feu de Jack London raconte l’histoire d’un homme pris par le froid. Il doit relier deux points, fait un feu mais manque d’expérience ; son feu est éteint par une chute de neige d’un arbre. C’est le début de la panique. Il perd ses moyens et commence à geler. Ce texte est à la fois la métaphore de l’humain qui se met dans une situation qui lui échappe et celle de l’acceptation des limites, y compris celles de la vie car cet homme va mourir. Il se bat, il court, mais à un moment donné, il s’arrête et attend. Comment accepter cette chose inéluctable qui arrive ? C’est moi qui jouais ce premier spectacle. Pour le 2e spectacle ; Le Radieux séjour du monde, adaptation de Entre ciel et terre de l’auteur islandais Jón Kalman Stefánsson, je me suis lancé dans une tentative esthétique avec d’autres acteurs. Un espace épuré pour accueillir le récit, quelques signes scénographiques pour tenter une transmission sensible et sensitive du texte. Je voulais – sans doute de manière présomptueuse – fertiliser un espace à l’intérieur des spectateurs pour créer de la pensée. Pris dans nos vies pressées, nous manquons cruellement d’espaces aérés où des choses peuvent venir se déposer. L’univers sonore très travaillé de Rudy Décelières contribuait à aller chercher les gens dans des soubassements archaïques pour faire raisonner leur part irrationnelle. Le troisième pan de la trilogie, Comock, est un récit inuit écrit par Robert Flaherty qui traite de la transmission. Là aussi, je me suis concentré sur la parole en optant pour une esthétique épurée, un jeu tenu, modulé par des curseurs qui bougent au millimètre. Je pratique la montagne et la randonnée en Suisse, j’ai également tenu un alpage durant une estive dans les Alpes fribourgoises. J’ai ensuite poussé plus loin en me rendant dans les pays nordiques, notamment en Norvège et en Islande. En 2018, j’ai fait une résidence sur un voilier au Groenland. Cela a été le point de bascule pour immerger mon corps dans le milieu que je m’étais approprié pour faire des spectacles. Jusque là, j’utilisais la littérature pour transmettre ces expériences que je vivais par procuration.
La troisième phase, dans laquelle je suis actuellement, correspond à une recherche du ludique sur scène. C’est que nous tentons dans les Cogitoscopes avec Vincent Coppey mais aussi ce que j’ai appréhendé avec Oscar Gomez Mata dans le jeu multi-dimensionnel évoqué auparavant ; un type de jeu qui prend la tangente, étire sans cesse les digressions et travaille énormément sur l’adresse public.
Quelle que soit l’esthétique dans laquelle je suis plongé, je tenter de garder la pensée comme aiguillon. Comment utiliser les concepts comme moteurs de jeu ? Comment malaxer les concepts avec le corps, avec la scénographie ? Cette ligne claire traverse tout, car elle correspond à ma nécessité d’être en relation avec le “dehors”, la nature et l’environnement.

Le théâtre vous aide à mieux comprendre votre ancrage dans le monde ? Quand vous êtes sur scène, que faites-vous ?

– À mes yeux, il offre un ancrage qui aide à comprendre où l’on en est et ce que l’on est en train de bricoler. Quand je joue, je suis bien sûr la structure de la mise en en scène. Pourtant, je procède chaque fois à une remise en jeu fondamentale. Je me lance dans l’arène avec la volonté d’être traversé, plus que de traverser moi-même le spectacle. Bien entendu, en tant qu’acteur, tu dois être aux manettes, tu dois être guidé et dirigé. Mais parallèlement, il faut malaxer du swing et du rythme pour que ce soit large et diffus, ou blanc, ou au contraire tenu et condensé. Pour moi, tout se loge dans ce rythme à trouver grâce à une perpétuelle remise en jeu. Comment vais-je jouer cette partition ce soir ? Que vais-je réussir à attraper ? Et comment réussir à me laisser traverser par ce que l’autre me renvoie ? Je cherche ce ping-pong multi-partenaires entre nous qui sommes sur le plateau, mais aussi avec le public en salle. À la partition fixée de l’acteur s’ajoute donc cette infime, mais essentielle, partie d’immaîtrisé. C’est cette part qui se déploie à chaque fois que je joue. En ce moment je joue trois spectacles en même temps au Poche de Genève. Les temps de reprise et de répétition sont courts pour se réapproprier une, deux, trois pièces et se remettre dedans. Il peut y avoir de petits vertiges avant de se lancer. Le son, les lumières, le décor, le texte, la partition, bref le contexte général est assuré. Même dans ce cas extrême, restent une disposition et une disponibilité à la remise en jeu. Le comédien dispose d’une haute capacité à faire plusieurs choses simultanément. La limite, c’est la fatigue. Il faut savoir la gérer, être attentif à ses limites.

À quoi ressemblera le théâtre de demain (formellement, socialement, politiquement) ?

– Je crois que les fondements de l’art vivant ne bougeront jamais (rires) : quelqu’un regarde une autre personne qui montre quelque chose. Le numérique tente d’infiltrer ce rapport et d’inventer de nouvelles formes ; c’est très bien mais je crois farouchement à la nécessité ontologique de l’homme à raconter quelque chose à son semblable.
Si nous ouvrions ce rapport au reste du vivant, que serait un théâtre qui communique avec les animaux ? Avec les végétaux ? Quelle expérience cela représenterait de raconter une histoire à une plante ? Nous sommes tellement en retard par rapport aux tribus qui pratiquent la communication inter-espèces depuis la nuit des temps, par l’intermédiaire du rêve et d’autres pratiques. Elles sont depuis toujours en intense discussion avec leur environnement.
Je cherche à me décentrer, à dévier la vision anthropocentrique en partant à la découverte d’autres cultures, comme la culture inuite par exemple. J’aime voir notre dehors à travers une autre lorgnette, le ressentir à travers d’autres sensations. Ce serait formidable d’imaginer une représentation pour un groupe d’arbres. Et l’arbre, pourrait-il aussi représenter quelque chose ? Se pose la question de la manifestation. Qu’est-ce qui fait manifestation ? L’anthropologue sud-américain Eduardo Kohn émet l’hypothèse que, même une branche qui tombe d’un arbre serait une manifestation volontaire, car cet événement produit du sens pour nous qui regardons. Ce qui produit du sens produit de la pensée ; donc l’arbre aurait cette capacité à produire de la pensée. Comme tout ce qui est vivant.
Imaginer un tel théâtre suppose d’ajuster son mode opératoire de captation. L’homme dans le labyrinthe, roman de science-fiction de Robert Silverberg m’a marqué. Des formes vivantes dénuées de corps assujettissent des êtres humains et les contraignent à travailler pour elles. Ces êtres informels communiquent de manière mystérieuse, sous forme de phénomènes éthérés. On n’est pas loin de la pensée chamanique. Je n’en suis pas particulièrement friand en tant que pratique, mais j’adore lire sur le sujet parce que cela m’ouvre de nouvelles perspectives. Durant la période de repli sur nous-mêmes que nous traversons avec la pandémie, cela me semble bénéfique d’essayer de comprendre comment faire autrement, d’élargir le spectre de communication entre vivants. L’anthropologue et écrivaine française spécialiste des populations du Grand Nord, Nastassja Martin, témoigne dans Croire aux fauves du fait que nous avons à apprendre de la nature. Comment prêter un petit peu plus attention aux vivants et à ce qui nous entoure ? Ce « petit peu plus » est primordial, et ce n’est pas pour autant que l’on va se mettre à danser avec les arbres ou à verser dans l’ésotérisme. Aujourd’hui, tout est extrêmement borné. Nous avons d’autant plus besoin de l’ima- ginaire ; un imaginaire pas bridé, éclectique, un imaginaire qui ne se calque pas sur les tendances mainstream*, qui ne se télécharge pas sur une célèbre plate-forme de streaming*.

Quelle personnalité, dont vous n’êtes pas le contemporain, auriez-vous aimé rencontrer ?

– C’est une belle question. J’aurais voulu rencontrer Toni Morrison, une écrivaine afro-américaine décédée en 2019, dont l’œuvre est phénoménale. Je la lis actuellement. Elle a analysé le phénomène de la ségrégation aux États-Unis. Le regard sur le monde et les relations humaines qu’elle déploie dans ses romans sont d’une grande richesse. Elle manie une langue charnelle, dense, crue, qui décrit un réel où les rapports humains sont très durs, tout en étant emprunts de poésie. Le langage et les mots ont la capacité de transcender l’ordinaire et de créer des issues pour ses personnages, pourtant pris dans des situations bornées.
Bien que je ne le lise plus du tout et ignore si j’aurais du plaisir à le relire, rencontrer l’étrange bonhomme que devait être Claude Régy m’aurait plu car ses écrits m’ont accompagné durant une phase-clé de ma vie d’acteur.
Enfin, j’aurais tellement aimé faire une balade avec Jack London ! Marcher et discuter avec lui de tout ce qui l’a animé ses voyages, ses rencontres, son travail d’écriture.

Propos recueillis par Laure Hirsig

* Le compagnonnage est un système traditionnel de transmission de connaissances et de formation à un métier, qui s’ancre dans des communautés de compagnons. Le mouvement des Compagnons du Devoir et du Tour de France assure une formation fondée sur l’apprentissage, la vie en communauté et le voyage du Tour de France du compagnonnage.
** ESAD : École supérieure d’art dramatique de Genève.

*** mainstream : courant dominant.

**** streaming : diffusion et lecture en ligne de données multimédias, notamment des films.

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