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Mémoire des textes

Fabien Jannelle propose à des artistes de rebondir sur des textes qui ont marqué la culture Ed. La Scène

Questionner l’aujourd’hui du théâtre – et plus largement de la culture – par le biais des réflexions d’hier, tel est l’objectif que s’est fixé le magazine La Scène en soumettant des textes de référence sur l’art et la culture à des acteurs culturels contemporains. Rassemblée sous le titre « Mémoire des textes », la sélection, forcément subjective, brasse une large palette de préoccupations. S’y côtoient Pierre Bourdieu, André Malraux ou Jean-Luc Lagarce, pour les disparus, mais aussi Stanislas Nordey et Georges Lavaudant. Face à eux, Romeo Castelluci, Emmanuel Demarcy-Motta ou encore Tiago Rodriguez s’emploient à saisir l’idée au bond, soit pour en souligner la pertinence, soit pour l’actualiser, plus rarement le remettre en question. Le plus ancien texte, signé Jacques Copeau, date de 1928 et porte sur les publics, notamment de province. Le plus récent, « Pour un théâtre citoyen » est de Stanislas Nordey et remonte à 1998. On s’arrêta cependant sur celui qui ouvre ce petit livre : « Cadavres, si on veut » du dramaturge et metteur en scène Didier-Georges Gabily. Ce dernier y dénonce « la société libérale qui continue à développer ses modèles comme des tautologies pour l’édification-abêtissement-délassement du plus grand nombre et le gain de quelques-uns » et « le théâtre marchandise comme les autres ». Texte-manifeste sur lequel rebondit Lazare, auteur et metteur en scène, en constatant « Nous, pour qui l’élaboration d’un geste demande du temps, nous voici en train de jongler au milieu des commerçants qui se soucient peu de transformer le terreau des révoltes en parole ». Lecture édifiante à une époque où la « logique du marché » n’a jamais semblé aussi implacable.

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