Sélectionner une page

Frictions – 30 éditos + 1

Un numéro hors-série pour revenir sur 20 ans de débats au nom d’une “certaine idée du théâtre”.

Comme son titre l’indique, la revue Frictions aime frotter les idées entre elles, dans la perspective toujours galvanisante d’une étincelle. Depuis 1999, elle s’applique à « réinterroger les véritables enjeux de l’activité théâtrale » et à prendre parti pour « une certaine idée du théâtre ». Cette démarche, qui fait parfois grincer quelques dents, s’affirme en toute logique comme le fil directeur des 30 + 1 éditos réunis dans un numéro spécial consacré aux 20 ans de la revue. Outre qu’il témoigne d’une cohérence sur le long terme, ce hors série permet de vérifier que les problématiques liées au théâtre ne changent pas ou si peu – ni dans le temps, ni dans l’espace. Ainsi, dès le numéro 4 de Frictions (2001), Jean-Pierre Han constate : « Surprise tout de même de constater que nombre de spectacles « branchés » d’aujourd’hui reposent sur des esthétiques vieilles de plusieurs lustres ». Deux ans plus tard, dans un édito consacré à l’« excellence artistique », Frictions revient sur la distinction qu’établit Jean Jourdheuil entre le théâtre « affaire de la Cité et des citoyens » et les spectacles « affaire de clientèle (électorales ou autres) ». « Ces spectacles se présentent aux spectateurs comme des marchandises sur les rayonnages d’un supermarché, dans ce que Heidegger appelait une « uniformité sans distance », animées seulement par des campagnes de promotion », poursuit l’essayiste et metteur en scène. En hiver 2014, la revue en remet une couche en déplorant « que ce que les scènes nous offrent avecune régularité de métronome – produits manufacturés bien dans l’air du temps, faussement provocateurs et enjoués, resucées conscientes et inconscientes de ce qui nous a déjà été proposé voilà des décennies avec en toile de fond l’affirmation de ce qui pourrait passer pour un conflit des génération – est proprement atterrant et d’une rare médiocrité ». Propos de vieux ronchons ? Vieilles querelles remises aux goûts du jour ? On peut, certes, s’en tenir à ces jugements, qui permettent de botter en touche. On peut aussi s’enthousiasmer à l’idée que le débat est vif et qu’il trouve dans Frictions matière à s’épanouir. « Friction » qui, comme le précise le dictionnaire, correspond aussi bien à la « résistance que présentent deux surfaces en contact à un mouvement relatif de l’une par rapport à l’autre » qu’à un « nettoyage de la tête avec une lotion aromatique ». D’où, parfois, un vivifiant parfum de scandale.

A lire aussi

Mémoire des textes

Mémoire des textes

De grands textes sur l’art et la culture prolongés par le point de vue d’artistes et de professionnels d’aujourd’hui.

lire plus

Tous les “On a lu”

Mémoire des textes

De grands textes sur l’art et la culture prolongés par le point de vue d’artistes et de professionnels d’aujourd’hui.

Quoi de neuf ?

Inscrivez-vous à la newsletter hebdomadaire de Comedien.ch pour recevoir la liste des spectacles dont la 1ère aura lieu cette semaine