Maurice Aufair, acteur-découvreur
« Alors expliquez-moi ce que vous entendez par portait… ? » Alors que l’on s’installe autour de la table, c’est Maurice Aufair qui pose les premières questions. Il précise : « si cet entretien vise à m’interroger sur mon père, ma mère ou débusquer quelque anecdote croustillante, le projet m’ennuie un peu ». Qu’à cela ne tienne, il s’agit de mener une interview sur son rapport au métier et revenir ensemble sur son parcours d’acteur. A 91 ans, Maurice Aufair a les yeux qui brillent dès que l’on aborde sa vie de comédien. Une trajectoire palpitante, partagée entre théâtre, cinéma, radio et télévision. Et, si cet acteur magnifique rechigne à utiliser le mot carrière pour désigner sa traversée, c’est que son parcours vibre davantage avec le vocabulaire de la passion. Rencontre avec un artiste qui, au fil des décennies et de l’évolution des médias, a su trouver la joie de se réinventer.
Propos recueillis par Marie-Lou Félix

@ Anouk Schneider
La rumeur dit que vous avez commencé le théâtre à l’école cantonale de Porrentruy. Vous aviez là -bas une petite troupe. Ça a été le déclic ?
 C’est toujours difficile de dire quel a été le vrai déclic, mais disons que ça a été les premiers pas. On ne se réveille pas un matin en se disant « je vais être acteur ». C’est lent, les choses vont petit à petit, et puis tout à coup on a l’impression que c’est cela qu’il faut faire.
Maurice Aufair, qu’est-ce qu’un acteur selon vous ?
 C’est complexe de donner une définition précise. Un acteur c’est quelqu’un qui a envie de se mettre dans la peau des personnages. Il travaille à montrer tout les rapports qui peuvent exister entre les humains, tout les sentiments contenus dans un être humain. C’est cela que l’acteur projette, par l’intermédiaire du théâtre. C’est un rôle de transmission.
Et quelles sont les qualités nécessaires pour faire ce métier ?
 Quand on commence, il faut beaucoup de patience et d’endurance. Il faut y croire et ne pas s’arrêter au moindre pépin. L’important c’est la ténacité, et penser qu’on va y arriver. Ça, c’est pour le jeune acteur. Et puis autrement, et en fin de compte c’est le plus difficile, il faut essayer de trouver en soi ce que l’on veut donner. Ne pas chercher en se disant « je vais faire comme celui-ci qui joue si bien » ou « je vais faire comme Gérard Philipe[1]». Chercher en soi, au plus profond de soi, ce que l’on peut donner. Et puis le faire ressortir. Cela prend du temps. Les jeunes acteurs veulent être brillants, ils sont impatients de se montrer. Mais c’est plus compliqué que cela. C’est un travail en profondeur.
J’en reviens à vos débuts. Vous avez quitté Porrentruy en 1950 pour venir étudier à Genève, au Conservatoire d’art dramatique. Le Conservatoire qui, à l’époque, était une formation sur deux ans. Que représentait pour vous cette installation à Genève?
 J’y étais déjà venu quelques fois. Mais là , je me suis retrouvé seul à Genève, et alors il fallait se débrouiller ! Ça, c’était d’un intérêt formidable ! Je me passionnais pour tout ce qu’il y avait de nouveau. La façon dont les gens vivaient, leur accent… Moi qui en avait un terrible ! J’étais intéressé par tout ce que je côtoyais.
C’est quand même un privilège d’être acteur. C’est extraordinaire d’avoir été comédien pendant 70 ans.Â
Votre accent a été un sujet, n’est-ce pas ?
 Bien sûr, oui, terrible ! Parce qu’à ce moment-là , en Suisse, les accents étaient beaucoup plus prononcés qu’aujourd’hui. Il y a cinquante ans, on repérait tout de suite un valaisan ou un jurassien. Moi quand j’allais acheter une glace, on me disait « t’es du Jura ». Alors, effectivement, quand je suis arrivé au Conservatoire, c’était un gros handicap. J’avais par exemple donné une scène de L’Avare de Molière, et le gentil professeur m’avait dit « je n’ai pas reconnu L’Avare ». Pour moi il y avait un gros travail technique à faire, histoire qu’on me comprenne à peu près.
Et après le Conservatoire, quelles ont été vos premières expériences ?
C’est drôle parce que pour la fin de mes études, j’ai joué Huis Clos de Jean-Paul Sartre. On jouait dans la grande salle du Conservatoire. Ça avait bien marché. Et puis le lendemain, le Directeur m’a appelé. Il m’a dit : « bon, vous pensiez avoir votre diplôme mais vous n’aurez qu’un accessit parce que vous n’êtes pas assez scolaire ». Donc, mon diplôme, je l’ai pas eu ! Et puis, il se trouve que quelqu’un dans la salle avait dû me remarquer, parce qu’un mois plus tard j’étais engagé dans une pièce au Théâtre de la Maison des Jeunes, qui n’existe plus aujourd’hui. On m’a donné 20 francs par soir pour jouer le rôle d’un fossoyeur. Je n’en revenais pas ! J’ai eu une bonne critique dans le journal dès le lendemain. Ça, c’est le début.
Donc vous êtes un comédien sans diplôme …
Rire. Complètement.
« Pas assez scolaire », ça voulait dire quoi selon vous ?
Et bien, à l’époque, on en avait beaucoup discuté avec les copains. Quand je leur ai annoncé ça, ils étaient très contents. Ils me disaient « heureusement que tu n’es pas scolaire, tu te rends compte, scolaire !! » Je pense que ça voulait dire « pas assez sage ». Durant mes études, j’apportais des textes nouveaux. J’amenais des poèmes de Michaux, j’amenais des trucs… Pas simplement les fables de Lafontaine. J’appréciais déjà d’autres poètes, complètement contemporains. Alors je pense que ça les a un peu effrayés.

© Anouk Schneider
Après ce premier engagement, il y a eu bien d’autres pièces, notamment au Théâtre de Poche. Et puis, tout au début des années 60, vous vous êtes rapproché du Théâtre de Carouge. Est-ce que vous voulez bien me raconter ce qui vous a lié à ce théâtre en particulier ?
J’avais travaillé avec Philippe Mentha et Michel Simon sur une pièce qui s’appelait Guerre et Paix, de Tolstoï, d’après l’adaptation d’Erwin Piscator. Et puis après ça, j’ai travaillé à ce Théâtre de Poche pendant que Simon et Mentha commençaient à développer un projet à Carouge, avec Louis Gaulis, Pierre Barrat et quelques autres. Ils avaient investi une vieille maison de Paroisse, la salle Cardinal-Mermillod, qui possédait une vague scène. Le curé était d’accord pour qu’ils commencent là -dedans. Ils ont ouvert ce lieu en jouant la Nuit des Rois, de Shakespeare. Et il se trouve que tout d’un coup ça a été un théâtre différent de ce qui se faisait à la Comédie. Les gens s’y sont intéressés et, petit à petit, un noyau s’est constitué. Je les ai rejoints. Les jeunes adoraient et la salle était remplie d’étudiants. Notre force venait du fait que l’on a développé un répertoire, c’est à dire qu’on montait de grands auteurs peu joués à Genève à ce moment-là  : Tchekov, Pirandello, et Samuel Beckett bien sûr. On a joué Beckett en 1960 – En attendant Godot – puis Fin de Partie en 1961 et le troisième… Je ne sais plus lequel c’était, mais ça me reviendra. En tout cas, ça faisait trois Beckett en trois ans et les gens, il fallait les convaincre ! Beaucoup de gens détestaient. Même la critique… Dans le journal, un type s’insurgeait en parlant de Godot : « pourquoi deux actes ?! » Pour Fin de Partie aussi, de très mauvaises critiques. Et nous on s’est battu. On est allé en tournée en Suisse romande avec ce Godot. Il fallait l’imposer. Dans notre parcours, c’est l’une des choses qui m’a le plus frappé. Cette façon d’imposer des textes, pour que les gens viennent petit à petit et les découvrent aussi. Je crois que cela fait intensément partie du travail d’un acteur ou d’un metteur en scène. Proposer des choses. La preuve c’est que cinquante ans plus tard, Beckett et Pinter avaient le Prix Nobel. C’est fou quand même ! On était des découvreurs. On avait la grande foi en nos découvertes. Et alors, avec le recul, je remarque que ça a été une des plus belles périodes pour moi. Cette manière de dire, obstinément, voilà un bon auteur et on le joue ! Et si ça vous plaît pas, vous reviendrez plus tard, mais nous on le joue ! J’ai toujours trouvé que ça avait été notre grande force. Grâce à Mentha et à Simon. Deux personnages formidables.

© Anouk Schneider
Est-ce que pendant ces années à Carouge, vous avez découvert un texte qui vous a changé profondément ?
 Changé profondément, non. Mais il y a eu beaucoup de rencontres avec des textes. Ceux dont nous venons de parler, mais aussi des auteurs comme Dürrenmatt et Brecht. Il y avait les grandes « bagarres » entre les brechtiens et les non-brechtiens. On se faisait critiquer parce que Michel Simon montait des pièces de Brecht comme il avait envie de les monter. C’était très beau. Mais les Brechtiens disaient que non, qu’il n’y avait pas assez de recul dans la manière de jouer, qu’il ne fallait pas être engagés de cette manière ! C’était des bagarres intenses. Et de très bons souvenirs !
Et puis, il y eu des rencontres d’importance avec des auteurs. J’avais joué dans un spectacle qui s’appelait L’Alpage, d’après Adolf Muschg, un écrivain suisse-allemand. Ça c’était une très belle rencontre.
Parallèlement à cette aventure carougeoise, il y avait votre travail à la radio et puis les débuts de la télévision…
 Oui, la télévision était embryonnaire mais ça commençait. Moi j’en ai fait pas mal. Ils appelaient cela des « dramatiques ». On travaillait dans la villa qui se trouve dans le parc Mon Repos. Les premiers balbutiements de la télévision... On avait enregistré une pièce qui s’appelait AmStramGram.
C’est aussi un des moteurs, quand on est acteur ou metteur en scène, ne pas oublier qu’il y a des gens qui écrivent maintenant, de nos jours, et que, si on le peut, il faut les mettre en lumière.Â
Donc les « dramatiques » c’était des pièces filmées, et diffusée à la télévision…
 C’est ça ! Et ensuite la télévision s’est développée et j’ai continué à beaucoup en faire. Et puis la radio évidemment ! La radio, c’était très important, parce que cela nous permettait de « vivoter ». Je faisais pas mal de radio. Le matin ! On avait heureusement cet arrangement, qui était très intéressant pour nous. La radio c’était le matin, ce qui nous permettait de répéter ensuite. On travaillait au théâtre l’après-midi et le soir. Ça, c’était formidable ! Ça nous a bien aidé financièrement. Sur le plan matériel, durant les débuts à Carouge, ce sont ces engagements à la radio qui m’ont permis de boucler les fins de mois. Et puis c’était intéressant. Des fictions, des émissions autour de la poésie, c’était très varié. Et alors, une chose qui parait un peu accessoire, mais quand même, c’est qu’à la radio on rencontrait tout le monde : des acteurs de la Comédie, des acteurs du Petit-Casino. Il n’y avait plus de chapelle. Et alors j’ai rencontré des acteurs du Petit-Casino qui jouaient des choses que je n’allais pas suffisamment voir. Et c’était une manière de se rencontrer et de travailler ensemble, différemment. Indépendamment des formations et des metteurs en scène qui nous engageaient.
Avec l’arrivée et le développement de l’audiovisuel, les modalités du métier ont été passablement bouleversées. Comment avez-vous vécu ces transformations ?
 Je les ai vécues avec curiosité et plaisir. En tant qu’acteur, il fallait s’y adapter et tout le monde apprenait son métier en même temps. Autant le caméraman, que le preneur de son, que le réalisateur. Tout le monde apprenait ! On s’ouvrait à une chose nouvelle, et il fallait s’y adapter. C’était une façon différente de jouer, un jeu plus intérieur, moins extériorisé.
Et le trac, est-ce que c’est le même au théâtre que sur un tournage ?
 Non, pas tout à fait. Sur un film ou sur une télé, on ne part pas pour une heure et demi. On joue une petite scène de trois minutes ou de deux minutes. Puis on s’arrête et on la refait. Le trac du théâtre c’est autre chose. Si tu joues le rôle d’Arnolphe dans L’Ecole des femmes[2] et que tu as 800 vers…et bien tu as 800 vers, et tu ne ressors pas. Donc il y a un trac qu’il faut apprendre à maitriser, sinon tu ne peux pas entrer. Ce trac, il existe toujours.  la Première, deuxième, troisième représentation. Et après c’est magnifique, parce qu’au fil des représentations le trac diminue et on peut se libérer plus facilement.
Au théâtre, vous avez joué dans des mises en scène de Jean Vilar, Benno Besson, Jorge Lavelli, Roger Blin, parmi beaucoup d’autres. Et, parallèlement, il y a votre engagement au cinéma. Vous avez tourné avec des réalisateurs tels que Claude Goretta, Jean-Luc Godard, Yves Yersin, Alain Tanner, Francis Reusser…sans oublier cette fameuse scène dans Les Bronzés font du ski, de Patrice Leconte, où vous servez de la « liqueur d’échalote » à cette fine équipe coincée dans un refuge de montagne. Et puis, plus récemment, en 2021, il y a eu votre participation au film franco-suisse Presque, réalisé par Bernard Campan et Alexandre Jollien. Parmi votre épaisse filmographie, y-a-t-il eu un rôle ou un scénario qui vous a particulièrement marqué ?
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Oui, alors on peut dire qu’entre Godard et Leconte ce n’est pas franchement la même musique ! Travailler avec Godard, sur son film Je vous salue Marie, c’était une expérience très intéressante. J’ai découvert ce qu’était un tournage avec un grand réalisateur comme lui, et c’était très riche. Mais les rôles qui m’ont le plus marqué… Il y a cette fiction réalisée par Yvan Butler, une adaptation du roman de Ramuz : Farinet, héros et hors-la-loi. C’est l’histoire de Farinet, un faux-monnayeur valaisan. Je jouais le père de Farinet. Yvan, c’est un très bon réalisateur ! Et puis il y a ce film de Jean-François Amiguet dans lequel j’ai beaucoup aimé jouer. C’était en 1998. Le film d’appelle Au sud des Nuages.
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Ultima Donna_ dirigé et écrit par Tristan Aymon ©Camille Cottagnoud

Ultima Donna_ dirigé et écrit par Tristan Aymon ©Camille Cottagnoud
Qu’est-ce qui fait qu’un rôle vous plait davantage qu’un autre ?
 J’aime quand il y a quelque chose à défendre. C’est important pour moi qu’un personnage ait quelque chose à l’intérieur, que ce ne soit pas juste une figure qui passe et où l’on se dit « il est gros, il est maigre, il est gentil, il est méchant ». Et puis, j’ai aussi aimé soutenir de jeunes réalisateurs, comme Tristan Aymon avec son film Ultima Donna ou Kaveh Bakhtiari, qui est d’origine iranienne. J’ai joué dans un court-métrage de Bakhtiari, La Valise, qui a été primé par la suite. Au total, je crois que j’ai tourné dans une vingtaine de films pour le cinéma, en plus des téléfilms. Tanner, Reusser, Goretta…et Butler aussi, dont on se souvient moins aujourd’hui, c’était des amis. On vient du même coin, de la même génération.
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Vous avez vaguement soupiré lorsque j’ai mentionné votre rôle de « montagnard », interprété en 1979 dans les Bronzés font du ski. Cela vous agace que l’on fasse si souvent référence à cette scène lorsqu’il est question de votre parcours au cinéma ?
 Agacé, c’est beaucoup dire. En fait, c’est plutôt de l’étonnement. Je m’étonne d’avoir apporté un crapaud dans une bouteille, il y a quarante ans, et qu’on m’en parle encore ! Ça oui, c’est un peu étonnant de mon point de vue.
70 ans de parcours, quel est votre moteur ?
C’est quand même un privilège d’être acteur. C’est extraordinaire d’avoir été comédien pendant 70 ans. Les voyages que l’on fait, les tournées… Je suis allé à l’autre bout du monde avec ce métier. Le Canada, Moscou, la Mongolie, et puis toutes les villes de France. Je connais la France mieux que les Français ! Le nombre de personnages rencontrés, le nombre d’histoires, en essayant d’entrer dans ces histoires, de les comprendre, de les rapporter, de les donner. C’est un travail magnifique ! Alors bien sûr, on a pas envie d’arrêter. Et si des gens continuent à vous appeler, naturellement qu’on dit « oui ». Encore une fois, selon les choix. On ne dit pas « oui » à n’importe quoi. Plusieurs fois on m’a proposé des choses qui ne m’intéressaient pas du tout, et que je n’ai pas acceptées.
[Si je représentais mon parcours sur une feuille de papier,] ce ne serait pas une courbe. Ce ne serait pas une ligne droite. Ce ne serait même pas une ligne. Ce serait plutôt un barbelé.Â
C’est quand même un privilège d’être acteur. C’est extraordinaire d’avoir été comédien pendant 70 ans.Â

© Anouk Schneider
 Un auteur ou une autrice que vous avez découvert récemment ?
 En décembre dernier, j’ai joué une pièce écrite par Marie Beer. C’est la deuxième fois que je joue dans une pièce d’elle. Elle avait monté Les Survivants au Théâtre de la Parfumerie. Puis là , c’était au Théâtricul, à Chêne-Bourg. Marie Beer fait partie des jeunes auteurs que j’ai envie de faire découvrir. C’est aussi un des moteurs, quand on est acteur ou metteur en scène, ne pas oublier qu’il y a des gens qui écrivent maintenant, de nos jours, et que, si on le peut, il faut les mettre en lumière. Après, que les gens apprécient ou non, c’est une autre histoire. Mais si nous on les découvre et qu’on se dit que c’est intéressant, il faut vraiment les monter.
Si vous dessiniez la trajectoire de ces 70 ans de carrière, une courbe qui représenterait votre parcours, à quoi cela ressemblerait ?
 Pourquoi une courbe ??!
 Une courbe, où ce que vous voulez. Qu’est-ce que vous dessineriez ?
 C’est difficile à dire. C’est tellement varié. Ce ne serait pas une courbe. Ce ne serait pas une ligne droite. Ce ne serait même pas une ligne. Ce serait plutôt un barbelé. Avec des hauts, des bas, des bonnes choses et des moins bonnes choses. Plutôt cela que la belle ligne parfaite d’un magnifique acteur qui ne s’est jamais trompé. Oui, ce serait du barbelé. On ne peut pas avoir la prétention de se dire qu’on a tout réussi. Il y a beaucoup de choses que j’ai complètement loupées. Des choses qui n’étaient pas bonnes, qu’on a crues bonnes et qui ne l’étaient pas.
Notre entretien touche à sa fin. Est-ce que vous souhaitez ajouter quelque chose ?
 Oui ! Je voudrais encore parler de Françoise Courvoisier, avec qui j’ai fait plusieurs spectacles. Elle fait un travail magnifique dans son petit Théâtre des Amis. Je lui dois beaucoup. On a réalisé au moins six spectacles ensemble et je suis très content qu’elle m’appelle encore. Elle m’a contacté dernièrement pour faire des lectures et ça me passionne. Je ne voudrais pas oublier de le dire. Françoise a été très importante pour ma fin de carrière.
Quand auront lieu ces lectures ?
 Ce sera au mois de mai, au Théâtre des Amis.Â
[1] Gérard Philipe : fameux acteur français, 1922-1959
[2] L’Ecole de Femmes, pièce de Molière, créée pour la première fois à Paris en 1662

Propos recueillis par Marie-Lou Félix