Ubiquités
Ubiquité (acte VI) L’ubiquité est ce don qu’active tout interprète qui procède par traduction simultanée de la matière-source pour composer en direct sa second life. Par définition, l’acteur.ice use de sa capacité au double-je(u). Je suis ici et là en même temps. Je me cogne contre la réalité et la fiction dans un même élan. Je me diffracte pour déréaliser, critiquer ou montrer notre monde avec une densité augmentée. Je-suis-partout.
Ce nouveau feuilleton d’entretiens interroge les différentes formes d’ubiquités qu’opèrent femmes et hommes de théâtre en attaquant le plateau – et la vie – sous plusieurs angles simultanément.
Leon Salazar, le charme de l’ambivalence
Le parcours de Leon Salazar résonne de manière fracassante avec la thématique du feuilleton Ubiquité. En basculant d’un hémisphère à l’autre à l’âge de 6 ans, son chemin de vie bifurque subitement d’un monde à l’autre lorsqu’il se voit contraint de quitter sa Colombie natale. La brutalité du départ fait qu’il laisse une part de lui là -bas.
La famille s’installe en Suisse avec le statut de réfugiés politiques. Le thermomètre chute, les corps et les esprits se rigidifient. Malgré l’exil, l’identité colombienne de Leon n’a pas dit son dernier mot. Le déracinement sensoriel qu’il éprouve alimente une forme de dualité. Elle continue à percer, dans sa construction intime comme dans ses choix professionnels, lui forgeant une personnalité trop ample pour une seule vie.
Comme il est difficile de (ré)concilier sa propre polarité, Leon la transforme en atout en optant pour un métier où l’on change de peau comme de rôle. Au cinéma et au théâtre, il marque par des interprétations abouties et affirmées dans les moindres détails. Chaque nouvelle mue dévoile de lui cet "autre" qu’il aurait pu être ; animal à sang froid, latin lover extraverti, artiste psychédélique, pervers, intrigant, toxique, passionné, empathique, militant, baba cool, voluptueux.
« Leon », un prénom qui sied à merveille à cet acteur dont la gestuelle déliée, la détente et le mystère ne sont pas sans rappeler celles de quelques élégants félins.
Article signé Laure Hirsig

© Matthieu Dortomb
Le trop-plein de vie de mon enfance colombienne ressort quand je suis sur scène.
Où est l’enfant qui sommeille en vous ? Vous accompagne-t-il encore aujourd’hui ?
L’enfant qui sommeille en moi n’avait, a priori, rien à faire dans ma vie actuelle. Il ne se préoccupait pas de faire une carrière artistique. Je suis souvent rattrapé par cette ambivalence entre celui que j’aurais dû être et celui que je suis devenu. J’ai laissé "quelqu’un", en Colombie qui grandit et mène sa vie de son côté. Parallèlement, je suis "quelqu’un d’autre" qui a grandi ici.
Dans mon pays natal, nous vivions en tribu avec mes oncles, tantes, cousins, cousines, grands-parents, dans l’effervescence d’un pays où l’on se parle d’un trottoir à l’autre, où les gens rigolent, dansent, où les corps sont omniprésents. Ce trop-plein de vie d’une enfance colombienne ressort souvent quand je suis sur scène. Par contraste, lors de mon arrivée en Suisse, le Valais m’a semblé hostile.
Quel lien entretenez-vous avec à ces deux mondes qui cohabitent en vous ?
Nous avons dû quitter la Colombie car mon père était un leader syndical dans les années 90. Cela ne plaisait pas à certaines personnes au pouvoir qui ont essayé de le faire taire et nous avons dû fuir. Ce fut un véritable arrachement. J’avais 6 ans. Mes parents, mes deux frères et moi sommes arrivés en Suisse où nous avons obtenu le statut de réfugiés politiques.
En Suisse, l’étranger gêne toujours un peu et mon intégration s’est faite en plusieurs temps. D’abord, je me suis rebellé, j’avais besoin d’extérioriser cette colère au fond de moi. J’ai traîné avec les bad boys de l’école, fait les 400 coups. Puis j’ai traversé une phase où j’ai cherché à me fondre dans la masse. Je me suis efforcé d’écrire et parler le français le mieux possible pour masquer mes origines. J’ai porté des bonnets durant une partie de mon adolescence pour me lisser les cheveux. Je voulais qu’on arrête de m’emmerder, rentrer dans le moule, disparaitre en quelque sorte. Plus tard, j’ai senti le besoin viscéral de me reconnecter à mes racines latinos, à mon ADN. Toutes ces étapes m’ont permis de trouver un équilibre entre ces deux mondes. Ici, j’ai de très belles opportunités qui ne s’offriraient sans doute pas à moi si j’étais resté là -bas. Je peux voyager, faire du cinéma, être artiste, être ce que je veux et pour cela je suis tellement reconnaissant. En même temps, je suis en paix avec l’idée que je peux vivre hors de Colombie, mais que la Colombie ne pourra jamais vivre hors de moi.

"Délits Mineurs" avec Noémie Schmidt©RTS Alva Film-Philippe Christin

"Délits Mineurs"©Nicole Borgeat
Retournez-vous en Colombie ?
Pendant plus de 10 ans, nous ne le pouvions pas. Quand ce fut enfin possible, tout le monde avait vieilli... Nous y sommes retournés pour les 50 ans de mariage de mes grands-parents. Si vivants dans mes souvenirs, ils étaient devenus des vieillards, mes cousins-cousines ; des adultes. J’essayais vainement de retrouver la connexion que nous avions à l’époque. Un souvenir un peu honteux m’est resté. Nous venons de Cali, capitale internationale de la salsa. Mes petit.e.s-cousin.e.s dansaient comme des dingues à la fête. Moi, je n’arrivais plus à bouger : j’étais complètement coincé. Toute la famille s’est moquée de moi. Je me souviens m’être dit : « t’as voulu être un gringo*? Et ben, t’es devenu un gringo ! ».
Un enfant – exilé comme Homère pendant 10 ans – retourne chez lui, et tout a changé. Alors doucement, il essaie de se réintégrer dans le paysage. À partir du moment où j’ai revu mon pays, j’ai commencé la quête de sa reconquête, notamment par une reconstruction identitaire. À la maison, mes parents ont toujours parlé l’espagnol pour que nous ne perdions pas l’habitude de notre langue et que nous soyons fiers de nos origines, de notre culture. Ma mère mettait un point d’honneur à cuisiner colombien pour que nous nous sentions comme au pays. Nous écoutions et dansions à fond sur toute la variété latino-américaine des années 70, 80, 90. La Colombie ; c’est ce feu qui brûle dans mes veines. Ici en soirée, quand mes potes passent des tubes de variété française, j’avoue que je n’en connais quasiment aucun et franchement, danser sur Les Démons de minuit, c’est moins mon délire.
Ici, je connais bien le territoire. J’ai beaucoup d’affection pour le pays mais je ne me sens pas Suisse ; ce n’est pas ma vibe**. Ma vibe est colombienne. Pourtant je suis parti jeune et je ne connais pas le nom des rues de ma ville par exemple. Là -bas aussi, je sens ma limite d’identification. Longtemps, je me suis demandé qui j’étais. Suisse ? Colombien ? Il a fallu accepter d’être les deux.

"Flores del otro Patio" avec Eudes Rosado©Nicolas Sastoque
Vous avez tourné en Colombie, jouez-vous de la même façon en espagnol qu’en français ?
Mon accent est comme celui d’un gars de là -bas et l’espagnol résonne au plus profond de moi. Pourtant, si je dois improviser sur un sujet spécifique, il est probable que je manque de ressources linguistiques ou culturelles. En Colombie, j’ai tourné dans Flores del otro patio, un court-métrage de Jorge Cadena. L’intrigue se déroule dans le milieu queer*** activiste de Baranquilla. Les acteur.ice.x.s avec lesquel.le.x.s j’ai tourné sont de de vrai.e.x.s activistes de la région. C’est leur réalité, ils n’ont pas besoin de jouer, ils n’ont qu’à être. Baranquilla est situé au Nord du pays. Moi je viens du Sud-Ouest, du coup j’ai un autre accent, une autre manière de parler, d’autres expressions. J’ai beau avoir énormément lu sur le sujet, me lancer dans une impro en espagnol alors que je ne sais pas ce qu’il se passe dans cette région spécifique de Colombie, l’actualité mais aussi son histoire, ses personnalités, tout cela me limite. Quelles sont les personnes évoquées ? Ai-je choisi le bon mot ? Ai-je bien compris ? Sur un thème aussi précis, je vais sentir mes limites parce que je suis hors sol. Il aurait fallu que je fasse une immersion au cœur du territoire pour me sentir complètement légitime. Je vais incarner l’un des personnages principaux dans le premier long-métrage de Jorge Cadena, Malestar tropical, sorte de prolongement de Flores del otro patio, qui sera bientôt tourné à Baranquilla. J’irai m’immerger là -bas plusieurs mois pour gagner en souplesse et en véracité.
L’acteur.ice est un iceberg ; la partie que l’on voit à la surface est visible grâce à l’immense partie enfouie dans les profondeurs.

"Alice" avec David Vormweg©Alexander Fischerkoesen
En tant qu’acteur, comment être deux en même temps ? Soi-même et son rôle ?
C’est le fruit d’une discussion, intérieure, entre le personnage et moi. Je reste connecté à qui je suis tout en dosant différentes couleurs de jeu. Nous sommes vastes et multiples. Enfant, ado, adulte, j’ai consacré beaucoup de temps à me chercher sous toutes sortes de formes... Être une racaille au crâne rasé, me laisser pousser les cheveux et les lisser pour me fondre dans la masse, aller en Colombie et y vivre comme si je n’en étais jamais parti, faire toutes sortes de métiers différents, côtoyer tant d’univers différents, de gens différents dans une multitude de pays et de langues différentes, se trouver chaque jour un peu plus. Nous conservons en nous tant de nuances liées au vécu. Pour jouer, je soutiens davantage telle ou telle couleur. Par exemple, dans la série Sasha, j’ai exploré mon côté reptilien. J’essayais de bouger le moins possible, de rester lent et planant. Je n’ai rien en commun avec un proxénète pervers narcissique mais j’ai dû comprendre les motivations de mon personnage, ne pas le juger comme un salaud et révéler sa propre vérité. Mon rôle est d’essayer de restituer cette vérité ; une vérité tellement laide que les téléspectateur.ice.x.s feront eux-mêmes le travail de jugement. Dans Délits mineurs de Nicole Borgeat, j’essayais, au contraire, de travailler un côté plus chaleureux, humain et empathique.
L’acteur.ice est un iceberg ; la partie que l’on voit à la surface est visible grâce à l’immense partie enfouie dans les profondeurs. Pour faire communiquer ces deux entités, le plus important est de conserver un jeu organique, qu’il ne se fige jamais. Cette quête de vivant indique à l’interprète où est la chair, comment ça respire, ce qu’il ressent, ce que son corps lui dit et comment tout cela se tend ! J’ai acquis beaucoup d’outils techniques grâce à ma formation à La Manufacture****, mais mon instinct et mes tripes continuent à me leader. Je puise mon énergie dans une sorte de chaos organisé. Le bordel m’ancre dans le présent. Plus je suis surpris et stimulé, plus je me sens vivre ; mon esprit reçoit comme un petit shoot d’adrénaline ; il est au bord de l’infini précipice qu’est le présent et c’est vertigineux !
Le métier d’acteur me permet de concrétiser un désir d’ubiquité : vivre plusieurs vies qui me stimulent, comme une déformation de l’enfance.
Y a-t-il quelque chose d’excitant dans le fait d’explorer qui vous seriez si vous étiez un autre ?
Oui ! Le métier d’acteur me permet de concrétiser un désir d’ubiquité : vivre plusieurs vies qui me stimulent, comme une déformation de l’enfance. Petit, j’ai dû m’adapter à des contextes tellement contrastés. Je retrouve cette nécessité d’adaptabilité dans mon métier. Un jour je suis ça, un autre jour ça. Peu importe la situation, il faut s’y glisser comme un caméléon. Que tu joues un proxénète, un activiste queer, un extrémiste religieux, un rescapé de la dictature, un paysan ou qui que ce soit. Dernièrement, j’ai joué dans Foucault en Californie, un spectacle mis en scène par Lionel Baier avec lequel ce fut passionnant de travailler. Ce road trip philosophique se déroule dans les années 70. Dans cette pièce, j’interprète Michael Stoneman, un musicien gay qui fume des pétards et prend du LSD. Comment présenter la facette de soi la plus authentique, au point que les spectateurs se demandent si tu es vraiment défoncé sur scène ? Si tu es homo ou hétéro dans la vie ? Si les mots que tu dis sont les tiens ou ceux d’un autre ? Si on est dans la fiction ou la réalité ? Arriver à semer ce trouble indique que tu es au bon endroit.
J’aime me perdre dans d’autres vies, d’autres pensées et plus c’est éloigné de moi, plus j’aime ça ! Parfois j’ai l’impression qu’ici, quand on pense à moi, l’imaginaire se limite aux rôles d’Italien, d’Espagnol ou de Sud-Américain avec un fort accent. Pas de problème, j’adore ça mais je veux aller plus loin ! Dans la série Sasha par exemple, la réalisatrice Léa Fazer a eu la curiosité de me placer ailleurs, de faire jaillir de moi d’autres choses et c’était incroyable. Elle m’a fait faire un lissage brésilien pour raidir mes cheveux, m’a fait porter des lentilles pour modifier la couleur de mes yeux, changer mon rythme interne, creuser ailleurs et voilà . Finalement, on fait ce métier pour être transformé. Elle est là , la vraie ubiquité : être en quête de soi-même en étant tout le temps autre. Je reste fortement connecté à moi-même même si je pousse le curseur hors de mon naturel pour endosser des rôles.

 "Foucault en Californie" avec Dominique Reymond et Valério Scamuffa©Nora Rupp - Théâtre de Vidy

"Sacha"©Vincent Calmel-RTS-Rita production
Devant la caméra, activez-vous des choses différentes ou vous sentez-vous la même que sur un plateau théâtre et / ou à la vie ?
Au cinéma, tout va très vite. Il faut bien se préparer et s’économiser pour rester ultra-disponible durant les quelques secondes de prise. Si la technique foire ou que tu n’es pas au bon endroit ou qu’un avion passe, on s’arrête. On coupe la prise et on recommence jusqu’à ce qu’on en ait une ou deux de bonnes puis on passe à la suite et ainsi de suite. Le film se redéfinit au montage. Au théâtre, tu questionnes la matière pendant des semaines et au moment de jouer devant le public, tu retrouves une liberté totale. Quand le spectacle commence, plus personne ne peut t’arrêter. Il n’y plus de metteur.e en scène à tes côtés. Tu as les pleins pouvoirs et un rapport au présent qui est jouissif. Peu importe ce que tu fais, les libertés que tu prends, ça fera toujours parti du spectacle aux yeux du public. Le spectacle se redéfinit vraiment à ce moment-là .
Au départ, je n’avais aucune envie de faire du théâtre. Je croyais que c’était un passage obligatoire pour faire du cinéma. J’idolâtrais Javier Bardem, Benicio Del Torro, des acteurs latino avec lesquels je pouvais m’identifier. À 12 ans, l’un de mes amis a joué dans le film d’un réalisateur suisse. Voir un pote traverser cet écran a fait germer l’idée d’un "possible". À 24 ans, Un Prophète de Jacques Audiard avec Tahar Rahim a été un électrochoc. Voir cet acteur étranger, inconnu au bataillon, dans ce rôle-titre a été un déclic supplémentaire. Je me suis immédiatement reconnu en lui et j’ai tout plaqué pour tenter ma chance. À l’époque je travaillais dans une boîte d’assurances. Je gagnais bien ma vie mais je m’ennuyais terriblement, ce n’était pas ma vie. J’ai réussi à intégrer La Manufacture. Je souhaitais en finir le plus vite possible avec la formation théâtrale pour enfin faire du cinéma. Aujourd’hui, je ne peux pas passer une année sans faire de théâtre. J’aime le contact direct, l’instantané, le moment unique que tu crées, chaque soir, avec le public présent. Les films, les gens t’en parlent souvent un an après le tournage. À cause du temps de post-production, de la sortie, de la diffusion. C’est déjà tellement loin de toi tout ça. J’aime faire converser le théâtre et le cinéma. Comment être vrai au théâtre ? Comment déborder ou taper à côté de ce qui est attendu au cinéma pour créer du décalage ? Finalement, une pièce de théâtre c’est une sorte de long plan-séquence.
Que provoque en vous le dédoublement de soi par l’image cinéma ou télévisuelle ?
C’est assez pénible, je n’aime pas trop ma voix. Et physiquement, je ne me dis pas « wouah, tu es le prochain Antonio Banderas ! ». Par contre, cela m’intéresse de savoir quels curseurs j’ai poussé à quels endroits. J’ai débuté le cinéma sur le tard. J’ai dû me planter beaucoup et me regarder pour essayer de m’améliorer. J’essaie de repérer mes tics de jeu, ce que je dois gommer, travailler, trouver ma liberté et le plaisir dans ce dispositif.

© Natacha Lamblin
Quelle forme d’ubiquité que vous n’avez pas expérimentée souhaiteriez-vous explorer ?
Je me suis beaucoup demandé qui j’aurais été, ce que je ferais, où j’aurais vécu, si je n’avais pas dû quitter mon foyer d’origine. Je serais peut-être tombé dans la délinquance, ou je serais devenu un businessman exceptionnel. Artistiquement, j’ai envie de faire plus de tournages en Espagne, en Amérique latine, pourquoi pas jouer dans une telenovela***** pour la famille là -bas (rires). Pouvoir tourner en Colombie avec Jorge Cadena est une manière de me réapproprier un territoire qui m’a été enlevé et de le redéfinir. Ses films parlent de minorités qui luttent pour sauver leur monde et qui sont tué.e.x.s pour leur quête de liberté. Ce sont des histoires bien réelles et malheureusement tellement banalisées. Ma famille a dû partir pour des raisons similaires. Revenir au pays, tourner un film sur ce thème est une belle revanche. On m’a chassé ? Je vais revenir.
Si j’avais une vie parallèle, quelles seraient mon parcours artistique dans un paysage habité par des Latinos, où je me fonds dans la masse ? J’adorerais savoir ce qu’est devenu l’enfant que j’ai laissé là -bas il y a tant d’années. Enfin, j’aimerais travailler sur un territoire où l’imaginaire est large. Tourner dans un film ou une série aux États-Unis par exemple, là où il y a une immense immigration latino-américaine : j’adorerais ! Bref, j’ai l’envie frénétique d’explorer le monde à travers une multitude de vies, d’endroits géographiques car j’aime être en mouvement, en quête.
* gringo : nom donné par les Latinos-Américains aux étrangers.
** vibe : ambiance, atmosphère.
*** queer : personne dont l'orientation ou l'identité sexuelle ne correspond pas aux modèles dominants.
**** La Manufacture : Haute école des arts de la scène, basée à Lausanne.
***** telenovela : feuilletons télévisés produits essentiellement dans les pays d’Amérique latine.
Laure Hirsig est diplômée de l’École d'Art Estienne (Paris) en gravure et en Histoire de l’art. Cette passionnée de dessin fonde sa pratique sur l’incessant dialogue entre technique et création. De retour en Suisse, elle s’immerge dans le milieu théâtral et entretient aujourd’hui un rapport direct au plateau par la mise en scène et la dramaturgie.