Fanny Pélichet et Vincent Bonillo : Du théâtre, quoi qu’il arrive

On s'assoit autour de leur table de cuisine. Les fourneaux avec, au-dessus d’eux, un papier doré qui recouvre les carrelages, donnent sur ma droite. Du même côté, se tient Vincent, assis sur un escabeau. Toute la longueur de son corps s'enroule sur ce modeste siège. En face de moi, un café à la main, Fanny. Et entre nous trois, une superbe nappe bleue étincelante aux motifs de bananes inspirées des illustrations de Warhol …
Je retrouve directement l'esprit de ces deux comédien-es dans le décor qui m’environne : l'âme funk aux couleurs bigarrées de Fanny, l’accueil simple et direct de Vincent et l’atmosphère chaleureuse et sans chichis du couple. On s'y sent bien et l'on devine combien de discussions à bâtons rompus et de belles soirées à broder un nouveau monde ont dû se succéder dans cette cuisine plantée au coeur de Lausanne. Être couple et artiste. Vivre et travailler ensemble. Un idéal et un défi que nos deux artistes semblent gérer à merveille.
Origines et premiers pas artistiques
Deux parcours bien différents, surtout dans les débuts, mais qui se complètent.
Vincent est tombé dans le théâtre comme Obélix dans le chaudron, quand il était petit. Né dans une famille de comédien-nes, il a connu dès son enfance la vie de troupe au coeur de la France. « Mes parents défendaient un théâtre très politisé, destiné aux villages éloignés de l’offre culturelle. J’ai grandi avec toute l’équipe de la compagnie et mes copain·es étaient les bambins des autres parents artistes. Il y avait des époques fastes et d'autres moins, sans aucune originalité, j'ai suivi leurs traces. » déclare-t-il en souriant.
Vincent a passé son enfance en France mais insiste sur l'appellation de "comédien romand" puisqu'il a effectué ses écoles à Lausanne, au Conservatoire, sous la direction d'André Steiger, alors doyen de la section d’art dramatique, qu'il est resté ensuite dans la région et qu’il défend avant tout une pratique singulière du théâtre, propre à la Suisse romande. Ici, le cercle des artistes étant restreint, il incite à une camaraderie. De plus, les comédien.nes ont la chance de pouvoir toucher à des réalités légèrement différentes selon la ville où ils.elles travaillent. "Fribourg n'est pas tout à fait Neuchâtel, qui n'est pas tout à fait Lausanne". Vincent s'y sent moins perdu que dans une grande ville comme Paris.
Pour lui, le théâtre romand « s'est transformé et pour le meilleur. Certain·es affirment que nous sommes trop nombreux, je ne suis pas d’accord. Je pense que nous bénéficions d'une grande diversité, ainsi que d'une belle richesse du fait que nous sommes plus de compagnies qu’à l'époque. Nous pouvons nous enorgueillir d'avoir une excellence, des artistes pertinent·es et dans des registres très différents. Nous devons protéger cette manière d’être ensemble. »
j'ai toujours voulu tout faire, tout est bien.

Quand Fanny parle de ses études, elle évoque des détours, une bataille avec ses parents, un parcours qui prend des allures de chemins de traverse, pour mieux retrouver un terrain qui lui plaît, où les arts s'entrecroisent, naissent dans des lieux informes, bien loin des boîtes noires et protégées des salles de théâtre. Son école fut celle de Serge Martin, « ce qui était parfait car cette formation demandait d'être acteur·rice et créateur·rice, et puis parce qu'elle se trouvait dans une ancienne église arménienne, au sous-sol, flanquée d’une moquette et de rideaux en bambous. Dans cette salle, il fallait faire naître le théâtre ce qui n’était, de loin, pas une évidence, mais cela fonctionnait. Et devoir faire à partir de rien fut un des plus beaux cadeaux que nous a offert Serge Martin. »
Un cadeau qui a lancé Fanny dans des projets en tout genre après les études, mêlant son réseau des Beaux-Arts et du théâtre, alors que Genève vibrait encore dans les ondes des squats. « A cette époque, avec de la force et de l'audace, nous faisions ce que nous voulions. A Kügler, Artamis, dans la rue, n'importe où. Il y avait toujours quelqu'un pour nous prêter un espace ou pour se lancer dans l'aventure avec toi. »
Pour elle, un chemin se dessine principalement hors des institutions, dans la rue, au Festival de la Plage des 6 pompes, au NIFF, dans des théâtres qu'elle nomme off comme le 2.21 à Lausanne. Pas étonnant qu'elle crée, en 2019, son spectacle « Pierre et le Loup », commandé par « Les bobines de Valency », où elle s’occupe de tout: mise en scène, décor et interprétation-manipulation. Ce spectacle tourne par monts et par vaux depuis 7 ans. « Je n'ai pas transgressé un mode de vie avec ce spectacle, c'était dans la logique du parcours». Et pareil pour les deux duos avec Vincent qui sont dédiés à la rue, éventuellement adaptables aux salles.
Dans ce lieu, il fallait faire naître le théâtre ce qui n'était de loin pas une évidence, mais cela fonctionnait. Et devoir faire à partir de rien, fut un des plus beaux cadeaux que nous a offert Serge Martin.

Un churros et au lit
C'était une nécessité de créer les circonstances où je pourrais défendre des thématiques qui me semblent importantes.
Vincent, après ses études, travaille une dizaine d'années en tant qu'interprète avant de s'initier à la mise en scène. Il faut dire que plus jeune, il était musicien et y satisfaisait ses élans de créativité aux sons du hardcore et de la musique new wave. Il a donné des concerts durant ses premières années à Lausanne mais a choisi d’abandonner cette activité au profit d’autres. Toutefois, cette envie de s'impliquer dans des projets personnels l'amène naturellement à monter ses propres spectacles une dizaine d’années après la fin de ses études dramatiques.
« C'était une nécessité de créer les circonstances où je pourrais défendre des thématiques qui me semblent importantes. » Ce qu’il exerce, désormais, depuis plus de vingt ans. Ces trois dernières années, il explore une nouvelle aventure, l'écriture pour le théâtre.
Fanny et Vincent, ce fut d'abord une rencontre amoureuse, puis une envie de collaboration artistique, alors que leur fille, Suzon, était à peine née et Malik, le fils de Vincent, avait tout juste 6 ans et demi. "Nous nous retrouvions fréquemment embarqué.ess sur le projet de l'autre. Depuis deux ans, nous créons carrément des duos".
Art et politique
Assise dans leur cuisine et connaissant le couple au travers de discussions lors de réunions aux Compagnies Vaudoises, de bavardages au café du coin et par une rencontre de hasard en plein Bruxelles, je leur livre mon impression d’avoir affaire à deux créateur·rices pour qui la politique résonne fort dans leurs projets. « Me trompe-je? »
« Toi, Vincent, tu as besoin de placer les thèmes sur une toile de fond politique » déclare Fanny.
« C'est mon filtre, répond Vincent. Mais pour moi tout est politique. Il n'y a pas la nécessité de dire un texte de Jean-Luc Mélenchon pour l'être. Partager un imaginaire quel qu'il soit est tout aussi politique car il permet de mettre à distance le monde dans lequel on vit. Et affirmer, ainsi, qu'il existe d'autres lectures de notre environnement, d'autres rythmes, cela permet de s'arrêter et de remarquer que nous sommes aliéné·es par la société.
Ce qui m’intéresse, c’est l’acteur·rice, le jeu, c'est-à-dire l'humanité sur scène. Quand j’élabore une distribution où je pense à telle personne, j’y songe non seulement pour son potentiel de technicité, mais avant tout pour ce qu'elle est, pour son humanité propre. »
Malgré tout, Vincent s’intéresse moins à des pièces psychologiques et des auteur.ices comme Lars Noren. Ses thèmes récurrents sont le pouvoir, beaucoup d’interrogations concernant les systèmes entre dominant.es et dominé.es, bourgeois.es et exclu.es, que ce soit à travers des écritures classiques ou contemporaines.

« Quand tu montes Les Précieuses Ridicules, précise Fanny, ton intérêt est le contexte social. Tu montreras les classes sociales comprises selon Molière, l’esbroufe faite aux femmes concernant l'ascendance de la ville de Paris sur les provinciaux.ales. Tu ne vas pas mettre en évidence la fragilité d’une fille candide qui essaye d'être aimée. »
« Dans ce sens-là, c’est vrai, admet Vincent. Par contre, je n’ai pas de « message » à transmettre. Je me méfie de ces derniers. Ce que je désire proposer, c’est un frottement entre deux idées, de mener à la contradiction certaines pensées et de produire un débat. »
Fanny se sent davantage attirée par les aspects sensitifs de la création. La marionnette lui permet d’allier les arts plastiques et le théâtre. Son prochain projet pour jeune public ne sera d’ailleurs pas politique. Malgré tout, elle remarque à quel point elle aime titiller le public à travers des thèmes sociaux, ce qui s’est vu avec sa dernière pièce marionnettique « Meuuuuh non! », un spectacle dès 4 ans, en collaboration avec Chine Curchod, mis en scène par Nathalie Cuenet et Vincent Bonillo, où le sujet est une grève de lait que mènent des vaches afin d’obtenir une étable mieux chauffée. Enseigner le syndicalisme aux enfants, si cela n’est pas de la politique! La compagnie, d’ailleurs, se nomme « Les cris de l’asphalte » et en tapant le nom sur mon clavier, l’image des pavés de mai 68 traverse mon esprit.
Le théâtre en toute liberté
Et comment cela se passe-t-il quand les deux acolytes créent ensemble?
« Nous n’avons pas exactement les mêmes compétences, ni les mêmes envies, répond Fanny. Vincent s’occupe davantage du texte, de la manière de s’en emparer. De mon côté, je serai attentive à l’esthétique, coudre des rideaux, imaginer des perruques, par exemple. Ainsi, nous nous complétons bien et ne jalousons pas le poste de l’autre. »
Nous n’avons pas reçu un rond, parce que nous n’en avons pas demandé. Nous nous sommes libéré·es de la nécessité de plaire aux programmateur·rices et aux subventionneur·ses en montant une pièce destinée aux parcs et aux jardins
Il et elle viennent à peine de terminer leur deuxième duo « Un churros et au lit », une comédie masquée, sur le thème des vacances en famille dans le cadre des Midi Théâtre. A l’arrière-plan de ce récit, sont représentées les inégalités sociales.
Mais ce que je désire partager davantage avec mes lecteur·rices concerne « La furieuse comédie», leur premier duo né l’année passée et qui contient par son écriture, mais aussi par sa forme, une revendication forte. « Nous nous sommes affranchi·es d’une partie administrative de la production. Nous n’avons pas reçu un rond, parce que nous n’en avons pas demandé, déclare Fanny. Nous nous sommes libéré·es de la nécessité de plaire aux programmateur·rices et aux subventionneur·ses en montant une pièce destinée aux parcs et aux jardins ».
Car il est bien connu qu’en Suisse, sans date dans une salle de théâtre reconnue, il est très compliqué d’obtenir des fonds pour la création. Non seulement cette phase de la production exige de nombreuses heures souvent non rémunérées, faute de budget, mais elle ne garantit pas non plus un aboutissement positif et des dates.

le-songe d'une nuit d'ete ©chrisitne caron

Pierre et le loup ©Jerome_Klotzdete
Avec le théâtre hors les murs, un lieu à priori anodin, une place devant un garage ou un bosquet, va prendre, de par le spectacle, une toute autre valeur et c'est ça qui est génial. Tu repasses par-là des années plus tard et tu te rappelles que sur cette place, où il ne se passe actuellement rien, toi, avec quelques autres, vous y avez vu quelque chose d’extraordinaire.
Alors que l’élan créatif, lui, n’a pas toujours la patience d’attendre. Et c’est ce dernier que Fanny et Vincent ont décidé de suivre. Par le troc et grâce à la solidarité des pairs, il et elle ont trouvé des salles de répétitions, comme, par exemple, au Théâtre de l’Oriental à Vevey ou à Fiez chez Chantal Bianchi et Thierry Crozat. Puis le beau temps arrivant, il et elle sont allé·es travailler dans des parcs, tout simplement.
Ce n’est pas la première fois que le couple se retrouve ensemble dans un spectacle en espace extérieur. En 2018, dans le cadre du 150e anniversaire du Théâtre du Reflet, les compagnies « Voix publique », « Les cris de l’asphalte » et la Compagnie « LesPetiTabourets » collaborent afin de mettre en scène « Le Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare dans la Forêt des Pléaides, avec, cette fois-là, une production soutenue par plusieurs subventionneur·ses privé·es et publiques.
« Avec le théâtre hors les murs, dit Vincent, un lieu à priori anodin, devant un garage ou un bosquet, va prendre, de par le spectacle, une toute autre valeur et c'est ça qui est génial. Tu repasses par là des années plus tard et tu te rappelles que sur cette place, où il ne se passe actuellement rien, toi, avec quelques autres, vous y avez vu quelque chose d’extraordinaire. Quand nous sommes retourné·es à la Forêt des Pléiades, avec Fanny, il y a deux mois, il neigeait. Et pourtant, tout était encore là. Je voyais Valérie Liengme par terre, devant la souche, s’exclamer « il fait froid, il y a des bêtes » . J’apercevais Antonio Troilo regardant la voûte céleste et dire « il y a moi et Shakespeare… c’est magnifique »!
Fanny se rappelle alors un propos tenu par le fondateur du mythique Festival de rue d’Aurillac, Michel Crespin, qui se décrivait par ailleurs « metteur en scène urbain ». « Ces mots contaient à peu près ceci:« Nous sommes le peuple des Festivals de théâtre de rue. Une nuit, nous débarquons dans votre ville. Vous ignorez que nous sommes là. Vous vous réveillez le matin et vous nous découvrez. Pour quelques jours, nous restons et vous ne reconnaissez plus votre cité. Mais quand nous repartirons, vous vous souviendrez de ce que vous avez perçu de votre ville et que vous n'aviez jamais vu jusque-là. » »
Avec « le Songe d’une Nuit d’été, se souvient Vincent, j’avais choisi des entrées de champs de 70 mètres de de profondeur. Puck arrivait alors de très loin éclairé avec une lumière et dans un décor naturel grandiose. Cela, tu ne peux pas l’obtenir dans un théâtre. »

© felix imhof _la furieuse comedie
Molière dans les parcs
Molière était un acteur et quand il écrit, tu sens les endroits où il respire. C'est dingue. Ce ne peut être qu’un acteur.ice qui écrit ainsi et cela me touche parce qu’en jouant ces textes, tu sens Molière, tu sens qu'il est là et qu’il a dit ces mêmes vers
Revenons à cette comédie qui, furieuse de par son nom mais aussi de par l’acte de faire du théâtre à tout prix et sans moyen, est un savant collage de scènes célèbres écrites par l’espiègle Molière.
S’adresser à tout un chacun·e, faire résonner des alexandrins dans les creux des murs d’une ville, revenir à un « théâtre du pauvre » afin de révéler d’autant plus le jeu de l’acteur et de l’actrice et ainsi, stimuler l’imaginaire du public, voilà les objectifs de Fanny et Vincent avec ce spectacle.
Et le choix de Molière pour un « théâtre tout terrain » n’est pas anodin. Car ce dernier a commencé à écrire ses pièces pour les jouer sur des tréteaux, sur les places de villages, s’inspirant des personnages de la Commedia dell’ Arte, art de rue par excellence. Il s’agit aussi d’apporter le regard aiguisé de Molière sur les différences de classes directement dans les rues et pour un public populaire.
La comédie contient sept scènes, autour de deux thèmes: l’imposture et le rapport amoureux. Traverser « Le Médecin malgré lui », « Don Juan », « le Misanthrope », « Les Précieuses Ridicules », sauter dans des registres de jeu extrêmement différents, revêtir le rôle d’un médecin, puis d’une servante, d’un magouilleur, d’une jeune première, faire fi des genres masculin et féminin, voilà un beau défi que s’offrent Fanny et Vincent. « C’est jouissif, mais il y a de la place pour de la vérité aussi. Molière était un acteur et quand il écrit, tu sens les endroits où il respire. C'est dingue. Ce ne peut être qu’un acteur.ice qui écrit ainsi et cela me touche parce qu’en jouant ces textes, tu sens Molière, tu sens qu'il est là et qu’il a dit ces mêmes vers», exprime Vincent, les yeux scintillants.
« Nous nous sommes servi·es dans les scènes les plus dures, ajoute Fanny. Dans tout parcours de comédien·ne, il y a certains textes célèbres auxquels tu as envie de te frotter. Et sentir, comme dans certaines scènes d’Hamlet que j’avais travaillées à l’École Serge Martin, que l’émotion peut se cacher dans la technique, à travers la respiration et l’articulation. J’ai réellement pu faire résonner le texte d’Hamlet pendant quelques instants à l’époque et c’était enivrant.»
« Dans « La furieuse comédie », raconte avec ferveur Vincent, « Fanny traverse de l’intériorité d’un des sommets du théâtre français campée dans le personnage d’Elvire de Don Juan, à la bouffonnerie la plus accomplie d'un Sganarelle, puis plonge dans le summum de l’absurdité du vocabulaire de la Cour dépeinte dans les Précieuses Ridicules, tout cela extrêmement vite et avec la rigueur qu’exige la langue de Molière »
Dans tout parcours de comédien·ne, il y a certains textes célèbres auxquels tu as envie de te frotter et de pouvoir sentir comment l’émotion peut se cacher dans la technique, à travers la respiration et l’articulation.
Afin de créer une dramaturgie fluide, Vincent et Fanny ont opté pour des glissements d’une scène à l’autre, avec, pour transition, un propos, un sentiment, ou encore de passer d’un Sganarelle du « Médecin malgré lui » à celui de Don Juan, sensiblement le même personnage, et pourtant différent. « De cette manière, nous créons des ponts entre les pièces et mettons en évidence d’autres aspects de ces textes célèbres» explique Vincent.
Et nous dédions bien une heure autour de la nappe ornée de bananes, à parler de Molière, d’Elvire l’incomprise, de Don Juan, l’anti-religieux ou encore de la monstruosité des mondain.es chez les Précieuses Ridicules.
Le couple me raconte aussi leur première étape de travail jouée dans un champ, sous l’orage en Bourgogne, à l’occasion de leur pendaison de crémaillère et où le village entier fut invité. Les enfants et la mère de Vincent, comédienne de 82 ans, sont inclus,es exceptionnellement dans le spectacle. « Des éclairs zébraient le ciel, mais nous continuions malgré tout, avec des grosses gouttes de pluie qui tombaient et nos maquillages qui coulaient. Et puis, tout le monde est venu manger à la maison et la soirée s’est transformée en fête».
Et nous l’apercevons bien, ici, que le théâtre est créateur de liens, de mémoires et de joies.
« « La furieuse comédie » ? C’est un manifeste. Celui de l’acteur·rice. Pour dire: qu’est-ce qu’il nous reste, vu qu’il est de plus en plus dur d’obtenir des subventions et des salles? Il nous reste les comédien·nes, des perruques et on va battre le pavé, comme les copains et les copines! Nous jouerons dehors, dans des festivals de rue, dans des jardins. »
Cette comédie furieuse, mais sérieuse dans sa démarche, a déjà été représentée au « Festival 2en1» à Blonay l’année passée, à la Fondation les Mûriers à Fiez, ainsi qu’à Plan-les-Ouates. Elle continue sa route en 2026 à Neuchâtel, le 25 juin à « Jeudi Oui » et les 5 et 6 août au « Festival de la Plage des 6 Pompes », à la Chaux-de-Fonds.
Et je ne peux que lui souhaiter une longue vie!

© felix imhof_la furieuse comedie
Solange Schifferdecker est diplômée d’un Bachelor à l’Accademia Teatro Dimitri. Elle complète ses études en théâtre physique à l’Académie Universitaire JAMU en République Tchèque. Elle est créatrice ou interprète. Son travail et ses projets partent toujours du corps, incorporant le Body-Mind Centering© dont elle est diplômée. Ils tendent ensuite vers la danse ou la parole, avec une attention particulière à l’esthétique. Depuis 2024, elle enseigne à l’Ecole Professionnelle de Théâtre de Rhône.